La mairie, avec l’assistance du conseil départemental des Yvelines, s’apprête à lancer un projet de grande envergure pour redynamiser les environs de la gare. L’investissement vise à la construction de presque 100 logements, de commerces, à un réaménagement complet des espaces publics, ainsi qu’à la suppression du passage à niveau.

La commune compte sur ces chantiers, ainsi que sur la réduction des temps de trajet vers Paris (voir encadré), pour relancer le quartier de la gare. « Ils ne font en réalité qu’un projet, qui allie transports, développement humain et développement économique, se réjouit le maire Eric Roulot (PCF). C’est un condensé de ce que nous voulons faire [en vallée de Seine]. »

La place Robespierre sera complètement réaménagée, en parallèle du chantier de la friche Solex, située derrière le bar-tabac.
La place Robespierre sera complètement réaménagée, en parallèle du chantier de la friche Solex, située derrière le bar-tabac.

Situé à plusieurs centaines de mètres du centre-ville limayen, le secteur de la gare a longtemps été l’un des poumons industriels de la commune. Mais les usines ont fermé, laissant des friches massives au milieu des quartiers pavillonnaires. Le quartier, selon les diagnostics établis par la ville, souffre aujourd’hui d’une vacance importante des habitations.

A la fin des années 1980, une première opération de réaménagement, avec logements et commerces, avait été menée sur le site de l’ancienne cimenterie Lafarge, autour de la place Robespierre. Cette dernière sera complètement revue dans le cadre du nouveau projet de travaux, qui comprend surtout l’aménagement du site de l’ancienne usine Solex, juste en face.

Fermée depuis 1993, située entre l’avenue du Président Wilson et les rails, cette friche de 15 000 m² devrait être partiellement construite d’ici à 2019. Le chantier, qui débuterait fin 2016, produirait un ensemble de quelques centaines de mètres carrés de commerces, et presque 100 logements dont un quart seront sociaux.

Sur le site de l’ancienne usine Solex, la présence d’hydrocarbures est actuellement surveillée par trois piézomètres.
Sur le site de l’ancienne usine Solex, la présence d’hydrocarbures est actuellement surveillée par trois piézomètres.

Ces terrains nécessiteront d’abord une décontamination : utilisés par l’industrie pendant 60 ans, ils sont pollués aux hydrocarbures. D’autres habitations suivront sur le reste de la friche, si cette première opération est un succès. Mais, au-delà de la construction de ces bâtiments, c’est tout le quartier qui sera modifié les prochaines années.

L’autre chantier de grande ampleur sera en effet celui de la suppression du passage à niveau en 2016, sur lequel de nombreux accidents sont arrivés ces dernières décennies. Il sera remplacé par des franchissements séparés. Ces travaux seront accompagnés d’un aménagement de toutes les rues alentour.

Dangereux, le passage à niveau disparaît en 2016

Il y a quelques semaines, la commission permanente du conseil régional d’Île-de-France a voté une subvention de 5,3 millions d’euros pour la suppression du passage à niveau de Limay. C’est 50 % de la facture, le reste étant pris en charge par SNCF réseau (ex-RFF, Ndlr). Le chantier doit démarrer l’an prochain.

Situé à quelques mètres de la gare, le passage est considéré comme dangereux, et a connu plusieurs dizaines d’accidents depuis 40 ans. Le dernier en date, en 2011, s’était soldé par le décès d’un enfant limayen de 10 ans. « Nous avions relancé le projet suite à ce dramatique accident », se rappelle le maire Eric Roulot (PCF).

Deux franchissements souterrains seront créés en remplacement : l’un en prolongeant la rue Lafarge jusqu’à la RD 146, l’autre, réservé aux véhicules légers, à l’endroit de l’actuel passage à niveau. Le souterrain piéton de la gare sera rendu accessible en permanence, et de nouveaux accès seront créés pour accéder à l’actuel parking gratuit de 200 places.

Train : Limay à moins d’une heure de Paris ?

Le temps de trajet actuel entre Paris et Limay est d’une heure et quart.
Le temps de trajet actuel entre Paris et Limay est d’une heure et quart.

Aujourd’hui, les trains de la branche Conflans-Sainte-Honorine de la ligne J du Transilien sont des omnibus : ils s’arrêtent à toutes les gares. Le temps de trajet de Paris à Limay est donc d’une heure et quart. Un temps qui pourrait tomber à 55 minutes avec des trains semi-directs.

« Les gares de la rive droite sont complètement désertées, regrette ainsi Eric Roulot (PCF), le maire de Limay. La qualité du service public n’est pas au rendez-vous : les temps de trajet sont longs et les conditions déplorables. »

Les maires de la rive droite réclament des trains semi-directs depuis longtemps, ils pourraient obtenir satisfaction prochainement. En effet, SNCF réseau, gestionnaire des voies (ex-RFF, Ndlr), a inclus cette hypothèse dans le cadre d’une étude de grande ampleur consacrée à la ligne J.

Certains des trains actuels seraient alors omnibus de Mantes-la-Jolie à Meulan-en-Yvelines. Ils ne s’arrêteraient ensuite qu’à Conlans-fin-d’Oise et à Argenteuil avant d’arriver gare Saint-Lazare. Limay serait alors à un peu moins d’une heure de Paris.