La semaine dernière, le conseil municipal mantevillois s’est trouvé singulièrement écourté, ne durant que quelques minutes. L’opposition a joué un tour à la majorité FN, en quittant la salle. Les conseillers municipaux d’extrême-droite n’étaient en effet que 16, un de moins que le minimum nécessaire pour pouvoir tenir un vote.

Le 9 février, la situation s’était déjà produite. Ce soir-là, les trois groupes d’opposition s’en étaient tenus à un avertissement sans frais : « Je vous rappelle que si toute l’opposition quittait la salle, il ne pourrait se tenir. Mais nous ne le ferons pas, nous aimons la démocratie », avait ainsi prévenu l’ancienne maire Monique Brochot (PS). Mardi 25 mai s’est déroulé quelque peu différemment. « En arrivant, nous avons été plusieurs à nous apercevoir qu’ils n’étaient que 16 », indiquait après le conseil Amitis Messadaghi, d’Ensemble pour Mantes-la-Ville à gauche. Après quelques conciliabules, les trois oppositions décident d’écourter la séance.

S’engage alors pour la majorité une course contre la montre. Le premier adjoint Laurent Morin dialogue avec ses opposants au sujet de son récent tweet polémique au sujet du FC Mantois. Il refuse au passage de démissionner, comme Eric Visintainer (UMP) l’avait publiquement demandé. Pendant ce temps, le maire Cyril Nauth (FN) et ses adjoints tapotent fébrilement leurs téléphones pour faire venir les conseillers manquants. En vain : au bout d’un quart d’heure, l’opposition se lève d’un bel ensemble et sort de la salle du conseil municipal.

Devant la mairie, les opposants de droite comme de gauche, juste après leur départ, discutaient en souriant, pas peu fiers d’avoir administré cette petite leçon de politique municipale au FN. « Ils ne pensaient pas être élus ! Entre ceux qui sont là par hasard, et ceux qui n’ont plus envie de venir, sa majorité se disloque », estime plus sérieusement Eric Visintainer de ces absences à répétition.