Si tout se déroule sans accroc, l’édition 2017 de la Fête de l’air devrait voir l’inauguration à l’aérodrome Les Mureaux-Verneuil d’un restaurant de 90 couverts. L’établissement comprendra deux simulateurs de vols professionnels. L’investissement est de taille : 1,2 million d’euros HT au total, payés par la vente d’une parcelle de terrain à l’usine Airbus.

Depuis 2007 et sa cession par l’Etat à un syndicat public géré par les communes de Verneuil-sur-Seine et des Mureaux, l’aérodrome, encastré dans l’usine Airbus, connaît une croissance modérée mais continue. D’environ 7 000 décollages et atterrissages annuels des débuts, il dépasse 14 000 en 2015.

« Je suis l’un des seuls syndicats français qui ne demande pas un rond aux communes membres », déclare, pas peu fier, son président Eugène Dalle, ex-adjoint à l’urbanisme de Verneuil-sur-Seine. Son budget de fonctionnement annuel s’établit à 1,3 million d’euros en incluant la Fête de l’air, abondés par les loyers des pilotes ainsi qu’une subvention étatique.

L’emplacement du futur établissement est en bord de piste, à l’endroit exact où se tenait déjà un précédent restaurant, il y a quelques décennies. Le bâtiment ci-dessus sera prochainement démoli.
L’emplacement du futur établissement est en bord de piste, à l’endroit exact où se tenait déjà un précédent restaurant, il y a quelques décennies. Le bâtiment ci-dessus sera prochainement démoli.

L’emplacement du futur établissement est en bord de piste, à l’endroit exact où se tenait déjà un précédent restaurant, il y a quelques décennies. Sa toiture circulaire abritera une cuisine et 60 couverts sur 400 m², ainsi qu’une terrasse extérieure avec 30 couverts. Cette dernière accueillera aussi deux simulateurs d’avions de tourisme monomoteurs utilisés sur l’aérodrome. L’actuel bâtiment situé à cet endroit sera prochainement démoli.

« Je tiens aujourd’hui à faire des choses pour les habitants, explique le président du syndicat. Je veux valoriser le terrain avec la possibilité pour les jeunes de venir avec leurs parents et de s’exercer au pilotage. » En cas de succès, il envisage d’ajouter ensuite deux simulateurs de vols supplémentaires. Les travaux devraient débuter l’été prochain.

Ce nouveau projet fait suite à d’autres investissements réalisés ces dernières années. Depuis 2007, tout le matériel d’entretien a ainsi été changé, et le bâtiment d’accueil rénové petit à petit. Surtout, Eugène Dalle met en avant la reconstruction à neuf d’un hangar d’entretien aux normes : « Cela m’a permis d’engager des apprentis. »

L’école de drones prend son envol

D’ici quelques semaines, les premiers drones d’apprentissage de la société de formation Pixiel feront leurs premières évolutions aux Mureaux. Les aéronefs partageront alors le terrain d’évolution déjà utilisé par le club d’aéromodélisme des salariés d’Airbus. Lancé en 2015, ce projet d’école de drones tient déjà ses cours théoriques dans les locaux de l’aérodrome.

« J’étais très heureux de les accueillir quand ils m’ont contacté, cette société de formation est en pleine expansion. L’école forme des professionnels et n’est pas faite pour la population, précise le président de l’aérodrome, Eugène Dalle. Il y a aujourd’hui des règles très strictes de survol et de pilotage pour ce type d’activités.»

La concertation entre riverains et pilotes au point mort

Depuis sa reprise par les municipalités de Verneuil-sur-Seine et des Mureaux, l’aérodrome fait l’objet de plaintes de riverains liées au bruit. Si des instances de dialogue ont été créées, pilotes et habitants n’ont pas trouvé de terrain d’entente. La charte de l’environnement et le plan d’exposition au bruit, qui devaient être constitués par une concertation démarrée en 2011, n’ont ainsi toujours pas vu le jour.

« Les utilisateurs se débrouillent avec les riverains pour faire cette charte [de l’environnement], rapporte Eugène Dalle, président du syndicat de l’aérodrome. Il y a eu beaucoup de réunions, elle sera peut-être terminée un jour mais ce n’est pas encore le cas. »

Les associations présentes au début de la concertation désignent les pilotes comme responsables. « Nous n’étions pas très heureux de la tournure des choses, les relations étaient difficiles et nous avons décidé de nous retirer, avance ainsi Bernard Destombes, président de l’Adiv-environnement. Les pilotes ne voulaient aucune contrainte : avec une telle base de négociations, je ne vois pas à quoi cela pouvait aboutir. »