Samedi après-midi, un an après sa mort en service à Montrouge, plusieurs hommages ont été rendus à Clarissa Jean-Philippe, jeune policière municipale tuée par l’un des terroristes des attentats de janvier 2015. A Carrières-sous-Poissy, où la jeune femme de 26 ans habitait, élus et forces de l’ordre ont commémoré sa mémoire, et donné son nom à un square du quartier des bords de Seine, où elle avait emménagé en 2011.

Plus de vingt membres de sa famille étaient présents à cette cérémonie, dont certains, comme sa mère, ont fait le déplacement depuis Sainte-Marie (Martinique), d’où était originaire Clarissa Jean-Philippe et où une statue a été érigée cet été en sa mémoire. Dans la matinée, ils avaient assisté à une autre cérémonie d’hommage, à Montrouge et en présence du président de la République.

L’émotion était palpable dans la foule présente aux abords du petit square de jeux pour enfants. « J’ai trouvé la cérémonie très belle, ça nous a fait chaud au coeur. On avait l’impression qu’elle était là, avec nous », a confié sa tante Sonia. C’est chez elle, à Mantes-la-Jolie, que la jeune femme a habité dans un premier temps, lors de son arrivée en métropole pour devenir policière.

Le square Clarissa Jean-Philippe, dans le quartier des bords de Seine où elle habitait.
Le square Clarissa Jean-Philippe, dans le quartier des bords de Seine où elle habitait.

« C’était quelqu’un qui était vraiment destiné à son métier, elle venait vous aider dès qu’elle vous voyait en difficulté », s’est souvenu Léger, le mari de Sonia, en pleine discussion avec des témoins directs de son meurtre (voir encadré), eux aussi venus lui payer leurs hommages. « Elle était toujours joyeuse et souriante… et toute petite ! », a ensuite glissé dans un sourire sa cousine Gladys.

Chez les élus, la concorde était de mise et la hache de guerre remisée le temps d’un week-end pour la dénomination de cet espace qui était jusqu’à samedi le square Aristide Briant. « Je suis très heureux que le nom de Clarissa remplace celui d’un prix Nobel de la paix », s’est ainsi félicité l’ancien maire et conseiller municipal d’opposition Eddie Aït (PRG).

« Je garderai de Clarissa sa joie, sa vie, sa sportivité, cette volonté de tourner son coeur vers les autres, a commenté pour sa part son successeur, Christophe Delrieu (DVD). Aujourd’hui, ce sont les autres qui tournent leur coeur vers elle, et lui rendent de la vie avec ce square où les enfants jouent déjà. »

La plaque qui porte son nom et raconte sa vie a été intégralement financée par l’association d’habitants du quartier, le Cozac des bords de Seine. « C’est quelqu’un que nous aurions pu connaître, a noté son président Philippe Berton. Il n’est pas exclu que nous nous soyions croisés lors de son jogging le long des bords de Seine. »