Avant de lire cet article, nous vous invitons à consulter la première partie de notre dossier consacré à la (mauvaise) qualité des eaux souterraines en vallée de Seine.

L’agriculture biologique est probablement la solution la plus efficace pour améliorer la qualité des eaux souterraines en zone agricole. Certains départements font ainsi montre d’une fermeté de plus en plus importante pour protéger les captages d’eau potable, avec des subventions comme principal argument. Ce n’est pas le cas dans les Yvelines, ni dans le reste de l’Île-de-France. Sans subventions, l’accompagnement technique proposé ne suffit pas à convaincre les exploitants.

« Nous sommes très en retard en Île-de-France, avec 2 % des surfaces en bio et 2 à 3 % sur les champs captants, contre 10 à 15 % dans d’autres départements », déplore Bénédicte Rebeyrotte, responsable de l’assistance à la conversion du Groupement des agriculteurs biologiques (Gab) franciliens. L’aire de captage de Flins-sur-Seine fait plutôt figure de bon élève à cet égard, avec 9 % de sa surface cultivée en bio.

Autour de la vallée de Seine, l’on compte ainsi seulement une dizaine d’exploitations en bio. Conséquence : depuis 10 ans, quasiment tous les captages d’eau potable situés dans la plaine agricole au sud de la Seine ont été purement et simplement abandonnés à cause de leur mauvaise qualité. D’autres pourraient suivre prochainement pour les mêmes raisons, indique d’ailleurs l’Agence de l’eau.

« Les freins techniques sont assez faibles en Île-de-France, indique pourtant la technicienne du Gab. Mais c’est changer tout le raisonnement dans son choix de rotation des cultures, avoir une démarche de prévention plutôt que curative, et raisonner en marge brute plutôt qu’à l’hectare. Ca reste une prise de risque assez importante, qui peut être un peu stressante pour un agriculteur déjà installé. »

Autour de la vallée de Seine, l’on compte seulement une dizaine d’exploitations en bio, dont trois à la ferme de la Haye, aux Mureaux.
Autour de la vallée de Seine, l’on compte seulement une dizaine d’exploitations en bio, dont trois à la ferme de la Haye, aux Mureaux.

Et ce sans compter la nécessité de revoir son circuit de distribution, même si plusieurs coopératives céréalières, comme Sevépi, ont aujourd’hui des filières dédiées. Alors, pour l’instant, l’immense majorité des conversions se fait à l’occasion d’un changement d’exploitant ou d’un passage de témoin familial, à l’instar des exploitations situées autour du champ captant de Flins-sur-Seine.

Si les eaux souterraines franciliennes en pâtissent, l’argument porte peu auprès des agriculteurs en l’absence d’incitations financières. « Ca se comprend, leur métier n’est pas de produire de l’eau », résume un bon connaisseur du dossier. De plus, l’accompagnement technique et de gestion proposé gratuitement en Île-de-France est souvent mal connu des exploitants.

Du côté des politiques, si le bio est positivement considéré, c’est plutôt la modération dans l’utilisation des engrais et produits phytosanitaires qui est mise en avant. « Les pratiques de l’agriculture raisonnée peuvent être d’une excellente efficacité, prône ainsi Laurent Richard, maire LR de Maule et conseiller départemental. Notre rôle n’est pas de réguler de façon autoritaire. »