Quelle est l’évolution des demandes d’asile sur le département ?

En 2015, il y avait déjà une évolution par rapport à 2014. Le deuxième semestre a connu une très forte progression des demandes d’asile en partie liée à l’accueil de migrants en provenance de Syrie et d’Irak mais pas seulement. Elle s’explique aussi par l’évacuation de camps parisiens. Cette évolution se poursuit en 2016. Il n’y a qu’à voir les opérations d’évacuation récentes de camps de migrants à Paris. Ces personnes campent dans des conditions inadmissibles et inacceptables, ce qui amène l’évacuation du camps pour une répartition des migrants sur l’ensemble des départements donc dans les Yvelines. Cette année entre le 1er janvier et le 31 mai, 855 primo-demandeurs d’asile ont été recensés. Dans la même période 2015, on en avait 604 mais l’augmentation s’est faite sur le deuxième semestre. La progression est nette sur les premiers mois de l’année, elle se poursuit de manière assez régulière. C’est 30 % de demandeurs d’asile supplémentaires sur les premiers mois de l’année 2016 par rapport aux premiers mois de l’année 2015.

Combien de places sont disponibles dans les Yvelines ?

C’est difficile de parler du nombre de places car si on veut vraiment avoir un chiffre global, il faut finalement additionner un certain nombre de types d’hébergements très différents. Aujourd’hui, on a 559 places en Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile, Ndlr) dans les Yvelines. Avant 2015, on en avait 429 mais il y a eu deux appels d’offre pour étendre le nombre de places et faire face à cette augmentation donc on en a 130 de plus. Il y a 28 places aussi en Hébergement d’urgence de demandeurs d’asile (Huda). Ensuite, il y a les centres d’hébergement d’urgence où l’on recense 490 places. Au total, ça fait 1 077 places.

Où en est la situation du côté de Conflans-Sainte-Honorine ?

Visiblement, Conflans-Sainte-Honorine est bien connu au Tibet et l’association la pierre blanche, qui s’occupe de l’accueil des Tibétains en France, est connue aussi. De ce fait, il y a des arrivées de Tibétains directement à Conflans-Sainte-Honorine sur le bateau Je sers, sur les péniches qui sont autour ou parfois dans la forêt ou autre quand leur nombre dépasse les capacités d’accueil. Ça a été un problème qui est devenu de plus en plus prégnant et lourd ces dernières années d’où la solution que nous avons trouvée, en accord à la fois avec le maire de Conflans-Sainte-Honorine et avec l’association, d’ouvrir le centre de Bonnelles à l’accueil des Tibétains. Ce n’est pas un hébergement pérenne mais temporaire ou d’urgence. Quand ils obtiennent le statut de réfugié, on leur propose de travailler et s’installer dans une autre ville. Certains ont envie de rester mais je ne peux pas assurer cela sinon, ça veut dire que le centre d’accueil de Bonnelles devient un foyer de travailleurs tibétains et qu’il faut que j’en trouve un autre ailleurs, ce n’est pas possible. Il faut qu’ils se répartissent sur l’ensemble de la région ou de la France.

Peut-on revenir sur l’abandon du projet de déménagement de la plate-forme d’accueil de demandeurs d’asile (Pada) au Chesnay ?

L’association Coallia s’occupe du pré-accueil des demandeurs d’asile dans les Yvelines. Les locaux de Limay étant un peu excentrés par rapport à la préfecture, les allers-retours des migrants créaient un certain nombre de difficultés pratiques. On s’est dit qu’il valait mieux changer l’implantation et quitter Limay pour la proximité de la préfecture. Coallia a cherché des locaux d’abord toute seule. L’association avait des touches mais lorsqu’elle arrivait à la signature du bail et qu’elle parlait du projet, elle n’avait plus la possibilité d’obtenir ce bail donc elle nous a demandé notre aide. Quand on a essayé de faire des travaux de transformation dans des locaux situés au Chesnay, la proximité notamment avec un complexe scolaire assez important a exacerbé un certain nombre de tensions et de difficultés qui allaient assez loin. Passer en force aurait été peut-être possible mais aurait créé un grand nombre d’incidents dans le quartier. J’ai donc effectivement suspendu ce déménagement. On va rechercher une nouvelle implantation dans l’agglomération de Versailles voire de St-Quentin-en-Yvelines. A titre personnel, je pense que ces inquiétudes étaient exagérées et excessives par rapport au type d’accueil prévu. Cet accueil étant un accueil de jour, de population qui vient demander l’asile en France et qui a tout intérêt à ce que ça se passe bien. A partir du moment où il y a une bonne adéquation entre le travail de la plate-forme et celui de la préfecture, il n’y a aucune raison spécifique qu’il y ait des tensions.