Depuis le 1er janvier, l’intercommunalité limayenne a été fusionnée au sein de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) *. Pourquoi avoir choisi d’intégrer son exécutif aux côtés de la droite ?

Nous, le groupe Démocratie et solidarité (réunissant une grande partie des élus de gauche, Ndlr), sommes là pour faire valoir notre volonté de réduction des inégalités territoriales qui sont importantes, faire en sorte que GPSEO soit un territoire en développement sur tous les aspects, et la préservation des services publics.

Par exemple, la communauté urbaine, c’est environ 25 % du département en nombre d’habitants, mais 60 % du département en nombre d’allocataires du RSA, qui sont concentrés plus particulièrement dans le Mantois. Et il y a eu historiquement des inégalités en termes d’implantation entre rive gauche et rive droite.

N’avez-vous pas peur de vous diluer dans un exécutif largement à droite, vous qui en êtes vice-président délégué à l’environnement ?

On a trop tendance à se focaliser sur la participation de la gauche à l’exécutif. Pour nous, la question était : quelle est la posture politique permettant d’être le plus efficace possible pour faire avancer notre projet ? Il fallait qu’on soit présent à tous les niveaux de la communauté urbaine, il a été décidé d’être partie prenante pour peser. Si on se met à l’écart, à mon avis, on est moins efficace.

Un certain nombre d’élus, de militants, ont fait le choix inverse de ne pas vouloir participer à l’exécutif, de rester dans un petit groupe et de s’isoler (quatre élus de gauche, dont la maire EELV d’Evecquemont, Ghislaine Senée, ont formé un groupe d’opposition, Ndlr). C’est extrêmement dangereux dans un établissement de coopération intercommunale.

« Quelle est la posture politique permettant d’être le plus efficace possible pour faire avancer notre projet ? », demande le vice-président délégué à l’environnement à la communauté urbaine.
« Quelle est la posture politique permettant d’être le plus efficace possible pour faire avancer notre projet ? », demande le vice-président délégué à l’environnement à la communauté urbaine.

Pour vous, la problématique n’est en fait pas la même que pour les autres collectivités locales ?

Dans une commune, département ou région, l’exécutif est monocorde parce qu’il est élu sur un projet qu’il met en oeuvre. Là, on n’est pas du tout là dedans, il n’y a pas encore de projet : il faut que cette gauche ambitieuse, courageuse, puisse être présente dans l’exécutif pour faire valoir ce qui lui semble juste.

On est dans une logique de coopération intercommunale, pas de collectivité de plein exercice (comme une commune, Ndlr). Une logique consiste à dire qu’on ne va pas à l’exécutif car la droite est majoritaire, en quelque sorte en considérant déjà que [GPSEO] est une collectivité de plein exercice. Mais on file les clés du camion à la droite et on dit « gérez tout » !

De mon point de vue, la cellule de base de la démocratie doit rester la commune. Nous sommes d’accord pour participer [au sein des outils comme GPSEO] tant qu’ils restent des outils de coopération. Jusque-là, c’est le cas : aucune décision n’a été prise contre l’avis des maires sur leurs communes. L’exécutif qui gère la ville de Limay, c’est celui élu aux élections municipales, avec un programme de gauche.

* GPSEO est issue de la fusion, le 1er janvier 2016, de six intercommunalités de la vallée de Seine, de Rosny-sur-Seine à Conflans-Sainte-Honorine. Elle est responsable de nombreux services publics, de l’entretien des routes au ramassage des déchets en passant par l’approvisionnement en eau potable.