Ne l’appelez plus Tangentielle Ouest ni TGO, mais Tram 13 express, nouveau nom commercial du tram-train prévu à terme entre Saint-Cyr et Achères avec une « virgule » vers Saint-Germain-en-Laye. Alors que le chantier de sa section Sud a débuté il y aquelques semaines, sa section Nord, 9,7 km au départ de Saint-Germain-en-Laye, fait toujours polémique à Poissy comme à Achères.

En cause : le nouveau tracé urbain dans Poissy voulu par son maire Karl Olive (LR) suite à son élection en 2014, et non plus en bordure de la commune, ainsi que l’absence d’arrêt dans le quartier achérois du Chêne feuillu. Le premier résultat du tracé remanié passant par la gare RER pisciacaise est le recul de plusieurs années de l’ouverture de la ligne, passée d’une annonce à 2021 il y a deux ans à « une mise en service à l’horizon 2025 » selon le Syndicat des transports d’Île-de-France.

Les maires d’Achères comme de Poissy estiment que les jeux sont faits et le nouveau tracé décidé. Ce n’est pourtant pas le cas selon le collectif d’usagers du Chêne feuillu, qui demande la création d’un arrêt supplémentaire dans leur quartier au Sud d’Achères, sans succès jusqu’à présent. Ni pour l’association AFPI-TGO, qui milite à Poissy pour le maintien du projet initial et assure qu’elle ira en justice pour contester le nouveau tracé.

Le préfet des Yvelines devrait définitivement trancher à la fin de l’année, après l’enquête d’utilité publique soumise prochainement à l’avis des habitants sur la « variante urbaine » de la ligne. « Le tracé urbain est encore en concurrence avec le tracé initial », assure Tchérylène Mairet (UDI), conseillère municipale de la majorité mise sur la touche en 2015, entre autres à cause de son refus du tracé urbain du Tram 13 express.

A Saint-Exupéry, bruit et vibrations font toujours débat

Dans le quartier pisciacais Saint-Exupéry, la présentation des évolutions décidées pour le passage du tram-train n’ont toujours pas semblé satisfaire des habitants inquiets du bruit et des vibrations induites par ses rames. Face aux arguments des responsables du Syndicat des transports d’Île-de-France (Stif), souvent très techniques, les habitants de ce quartier bordant l’actuelle voie ferrée ont exprimé des demandes plutôt claires.

« Il n’y a pas besoin d’être acousticiens pour comprendre que là où on habite, il y a beaucoup de bruit, s’est ainsi ému François Henri, habitant la rue Adrienne Bolland, lors de cette réunion publique proposée il y a quinze jours. Ce projet est une chance pour installer un mur anti-bruit. »

« Le bruit du tram sera relativement faible, autour de 50 dB, très inférieur au bruit d’un train », était-il expliqué par le Stif plus tôt dans la soirée. Face à lui, comme à bien d’autres résidents du quartier, ses responsables répondent par un strict respect à venir de la réglementation… et par l’absence de toute réglementation concernant les vibrations.

Présent, le maire Karl Olive a assuré qu’il se battrait afin de décrocher le maximum des 30 millions d’euros débloqués dans le cadre du projet d’extension à l’Ouest du RER E, destinés à traiter les « points noirs » de bruit le long de la ligne. « La Ville sera force de proposition par rapport à ce que vous dites », a-t-il ainsi plaidé des demandes des riverains.