Pour l’usine automobile Renault de Flins-sur-Seine, la production industrielle de la cinquième génération de Nissan Micra a nécessité de lourds investissements (voir encadré), que le constructeur a voulu montrer à la presse vendredi dernier. Ils dépendront au final du succès commercial du nouveau modèle destiné au marché européen, qui doit être exporté à 85 % hors de France et a reçu un accueil plutôt favorable de la presse spécialisée du Vieux continent.

Pour la première fois depuis une décennie, ils sont 4 300 (dont près de 2 000 intérimaires, Ndlr) à travailler sur les chaînes de fabrication de l’usine Renault qui a respecté les délais fixés voilà quatre ans par les deux constructeurs automobiles. Cette dernière est aussi repassée de manière pérenne dans un fonctionnement en continu, par trois équipes de huit heures (ce qui s’est déjà produit ces dernières années, mais toujours de façon provisoire, Ndlr).

Dans l’usine, il a fallu s’adapter à la production de trois modèles, dont la Clio et la Zoe électrique, sur une unique chaîne de montage. Mais aussi pouvoir répondre aux exigences du constructeur-frère nippon, dont c’est le premier véhicule fabriqué dans une usine Renault. « Elle est totalement différente de la Clio, beaucoup plus compliquée au niveau de l’assemblage », témoigne Jérôme Launay, l’un des représentants du syndicat FO de l’usine.

Il a fallu s’adapter à la production de trois modèles, dont la Clio et la Zoe électrique, sur une unique chaîne de montage.

« Ils ont un mode de fonctionnement peut-être un peu plus exigeant sur la qualité, on a eu un gros challenge, et beaucoup de problèmes en train de se rectifier tout doucement », poursuit-il. « Sur un certain nombre d’éléments, très clairement, sur d’autres, c’est nous qui avons apporté notre savoir-faire qualité, nuance le directeur Olivier Talabard. On est passé d’un constructeur d’une citadine traditionnelle du segment B à un constructeur premium. »

Lors de la visite, les ouvriers de l’atelier montage, premiers concernés, confirment unanimement la hausse demandée. Dans les ateliers, les investissements réalisés sont montrés par de petites affiches, placardées dans quasiment tous les espaces. Certains ont par exemple vu leurs robots changés, ou installés tel ce monteur de roues automatique inspiré « d’un constructeur allemand ».

Les engins robotisés ou « AGV » ont remplacé quasiment tous les caristes et leurs chariots, permettant d’abaisser drastiquement le bruit. La propreté domine, comme dans tous les sites industriels modernes. Son avenir, lui, devrait déjà être assuré après la Micra, alors que l’immense majorité des Clio actuellement produites le seront prochainement en Slovénie : « On nous annonce une nouvelle plateforme courant 2019, ce sera un véhicule Renault », se félicite Jérôme Launay.

La chaîne de production automobile en chiffres

La production est de 160 000 voitures en 2016, l’objectif est d’atteindre les 200 000 véhicules dès cette année, soit 905 chaque jour.

Dans un site industriel aussi vaste que celui de Renault, les chiffres donnent le tournis. L’industrialisation de la cinquième génération de la Micra du constructeur-frère Nissan a ainsi nécessité plus de 110 millions d’euros d’investissement depuis trois ans pour moderniser l’usine automobile. Ce montant comprend 1,2 million d’euros pour la formation, soixante salariés s’étant notamment rendus au Japon fin 2015, dans l’usine de prototypes de Nissan.

Les nouveaux aménagements ont compris la mise en place d’une chaîne de montage unique d’un kilomètre en forme de U, parcourue par les futurs véhicules en 4 h 30. Avant ça, l’assemblage des plaques de métal embouties pour former la caisse s’est fait dans l’atelier tôlerie, où travaillent environ 700 salariés. Ils sont assistés par près de 900 robots, dont 78 ont été remplacés pour accueillir le nouveau modèle.

La production est de 160 000 voitures en 2016, l’objectif est d’atteindre les 200 000 véhicules dès cette année, soit 905 chaque jour. Plus de 200 Micra sortiront quotidiennement de la chaîne dans les jours à venir, et 600 devraient le faire fin mars, le reste devant être composé de 200 Zoe, et de Clio. La direction a embauché 350 personnes en CDI ces deux dernières années, et en a annoncé 200 de plus aux représentants du personnel vendredi dernier.