Depuis l’élection de Valérie Pécresse (LR) fin 2015 à la tête du Conseil régional d’Île-de-France, passé de gauche à droite, l’incertitude entourait l’avenir de l’Agence des espaces verts (AEV), entre coupes budgétaires, gestion passée critiquée, grève et inquiétudes diverses. L’organisme, destiné à acquérir des terres forestières, créé par l’Etat et placé sous l’égide de la Région, doit finalement être conservé sous sa forme actuelle a et être un acteur d’un « plan vert » régional. L’éducation à l’environnement des écoliers, mission exercée depuis quelques années, est, elle, abandonnée.

« C’est un établissement public qui va continuer à assurer ses missions, particulièrement en étant un acteur majeur du plan vert de la Région Ile-de-France. C’est un outil fantastique, unique en France, assure Loys de Pampelonne, directeur de cabinet de la présidente Anne Cabrit (conseillère régionale LR, Ndlr). Cependant, des missions ont été créées il y a une vingtaine d’années (par l’ancienne majorité de gauche, Ndlr) comme la mission à l’éducation à l’environnement : politiquement, il a été acté de recentrer l’agence sur ses missions originelles qui sont la préservation et l’aménagement des espaces verts. »

Dans le cadre du « plan vert », les acquisitions de l’AEV devraient désormais se tourner vers l’amélioration du cadre de vie francilien près de Paris plutôt que vers la formation d’une ceinture verte de grandes forêts ouvertes au public en grande couronne. Quinze des près de 140 agents titulaires, chargés d’éduquer à l’environnement, devront par ailleurs en partir. La semaine dernière, Chantal Jouanno (LR), vice-présidente de la Région à l’environnement, est venue en personne expliquer le nouveau projet politique et répondre aux fonctionnaires de l’institution.

« Ca a été très apprécié », loue de cette initiative jamais vue en quarante ans d’existence Philippe de Paule, secrétaire de la CFDT de l’AEV. Jusque-là très inquiets, 80 % des agents avaient fait grève, là aussi une première, et manifesté fin janvier alors qu’une disparition pure et simple de l’organisme était évoquée : « Les gens avaient vraiment peur pour la sauvegarde de l’établissement ». Aujourd’hui pérennisé, il a cependant connu de très importantes coupes budgétaires, notamment pour les acquisitions, même si cinq millions d’euros sont désormais affectés dans ce but au « plan vert ».

« On souhaite que le plan vert soit vite mis en action, car à l’AEV, ce ne sont que des métiers-passion, on est dans l’expectative pour retrouver une dynamique qu’il n’y a plus suite à tous ces effets d’annonce, attend maintenant le délégué syndical. On aimerait se remettre au travail pour de vrai, et avoir une prise en charge des risques psychosociaux, notamment pour les agents d’éducation à l’environnement. » Ces derniers vont être prochainement reçus en entretien individuel pour des reclassements internes au Conseil régional, dans la fonction publique ou dans le privé.