Deux familles de gens du voyage sédentarisées habitent actuellement sur le tracé du projet de déviation de la RD 154, porté par le Conseil départemental. Pour réaliser cette voie de contournement au Sud des communes de Vernouillet et Verneuil-sur-Seine, ces familles, dont les propriétés sont situées au lieu-dit des Cassepots, vont devoir être relogées.

En vue de proposer une solution de relogement aux 47 personnes vivant sur place, la commune de Vernouillet a cédé deux parcelles à « l’euro symbolique » à la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) en décembre. Cette dernière officie sur ce dossier car GPSEO a « la compétence gens du voyage », explique son président, Philippe Tautou (LR).

Les deux sites qui seraient proposés aux habitants sont le fruit de l’acquisition de plusieurs terrains appartenant à des propriétaires privés, au Conseil départemental et à la ville de Vernouillet. Ils sont situés à moins de 100 mètres des propriétés actuelles des gens du voyage, mais ces derniers regrettent que les emplacements envisagés soient situés à proximité immédiate de pylônes de lignes à haute tension.

« J’ai des petits-enfants, sous une ligne à haute tension, si le câble casse …, s’inquiète l’un des membre de la communauté des gens du voyage, qui précise habiter son terrain depuis « 35 ans » et en être propriétaire. Je n’ai jamais vu des constructions sous des poteaux. Je n’arrive pas à comprendre. » De son côté, Philippe Tautou estime que « ça ne va pas changer grand-chose pour eux » car « ils sont déjà dans un périmètre de moins de 50 mètres […] de la ligne à haute tension ».

La déviation de la RD 154 devrait passer sur le lieu-dit des Cassepots, où se situent les habitations des familles des gens du voyage sédentarisés.

Le membre de la communauté des gens du voyage, contacté par La Gazette, indique avoir reçu des propositions orales mais déplore de n’en avoir reçu aucune écrite à ce jour. « Si vous voulez prendre ma maison et mon terrain, proposez-moi une maison et un terrain équivalent un peu plus loin », demande-t-il, avant de préciser s’être rapproché d’un avocat. Philippe Tautou confirme que les terrains proposés seront « à peu près équivalents », mais il précise ne pas avoir « envisagé la solution d’une acquisition ».

Jean-Pierre Grenier, président de l’association Bien vivre à Vernouillet, est opposé de longue date au projet de déviation de la RD 154. Il informe depuis plusieurs semaines les deux familles concernées des avancées du dossier et souligne qu’il ne souhaite pas les « instrumentaliser ». Concernant la délibération de la municipalité vernolitaine de décembre, Jean-Pierre Grenier a déposé un recours gracieux demandant son annulation.

Ce recours porte notamment sur la vente des parcelles à « l’euro symbolique » : « Vu les difficultés [financières] des communes, il n’y a aucune raison de faire une cession à l’euro symbolique ». Jean-Pierre Grenier demande également que soit appliqué « le principe de précaution » par rapport aux lignes à hautes tension qui traversent les parcelles et estime qu’il y a « un enjeu de santé publique ».

Contactée à de multiples reprises sur le sujet, la municipalité vernolitaine n’a pas répondu à nos sollicitations. Le Conseil départemental n’a pas souhaité communiquer pour l’instant, une réunion sur ce dossier devant avoir lieu courant mars.