Ni l’appel aux dons de juillet dernier, ni l’augmentation de 21 % du nombre de spectateurs l’an dernier n’ont permis pour l’instant de sauver le Cinéville, juste à côté de l’hôtel de ville, et ce alors qu’une pétition récemment lancée a réuni plus de mille signatures à ce jour. La municipalité, propriétaire des locaux, n’est pas parvenue à trouver un investisseur intéressé pour la prolongation des séances après décembre prochain.

En effet, le bâtiment, cinéma depuis les années 1930, nécessiterait de lourds travaux de rénovation, d’aménagement et de mise aux normes pour l’accessibilité des personnes à mobilité réduite, trop coûteux selon la municipalité. La gestion des trois salles du cinéma relève pour l’instant de l’association Cinéville, qui compte quatre salariés et est subventionnée à hauteur de 157 000 euros par an.

« On n’aura pas d’autre choix que d’arrêter la convention (liant mairie et association, Ndlr) en décembre 2017, a répondu le premier magistrat Laurent Brosse (LR) à l’interrogation de Bernard Lacombe, conseiller d’opposition du groupe Conflans énergie populaire, au dernier conseil municipal. Comme lors du conseil municipal du 30 janvier, il a avancé « des chiffres à trois ou quatre millions d’euros », nécessaires afin de poursuivre l’activité cinématographique.

« Nous avions commandé une étude, justement pour chiffrer ce que représentait le réaménagement du Cinéville. La structure s’équilibrait avec l’aménagement d’une ou deux salles supplémentaires, l’idée était de solliciter les opérateurs privés, a détaillé le maire conflanais. Nos demandes n’ont pas abouti simplement parce que les investisseurs ont regardé les montants totaux d’investissement et la fréquentation. »

Elle s’établit à 28 000 entrées après la forte hausse de l’an passé. Cela resterait très insuffisant selon Laurent Brosse. « On est à 6,6 spectateurs par séance l’an dernier, ce qui est extrêmement faible, et ne permettait pas du tout aux investisseurs de pouvoir rentabiliser les coûts, a-t-il estimé. Même si on aurait pu imaginer un soutien de la ville ou une petite participation pour les aider. »

Les salariés de l’association ont été reçus en mairie le 20 février dernier, cette dernière leur ayant confirmé la fermeture définitive. « Mais sans date fixée, ni proposition de nouvelle convention, ni mesure pour le personnel, pour les partenaires, ni les spectateurs et les abonnés, regrettent-ils sur le site internet du cinéma. Est-ce un traitement honorable pour notre association et l’équipe qui anime avec passion le Cinéville sept jours sur sept depuis 14 ans ? »