Entre fin février et début mars, la municipalité a organisé trois réunions de quartier. Si différents aspects étaient abordés comme la fiscalité, la sécurité ou la culture (voir encadré), ce sont ceux liés à la construction de nouveaux logements qui ont fait le plus réagir les Villennois. Crainte d’une dégradation de leur cadre de vie, la sécurité des travaux ou encore des problèmes de communication avec la mairie ont notamment été avancés pour trois d’entre eux : la route de Marolles, les anciens tennis et le plateau de Breteuil.

« On ne pourrait pas commencer directement par l’urbanisme ? » Dès les premières minutes de la réunion publique du quartier du Pré aux moutons le 6 mars, une petite dizaine de riverains habitant la route de Marolles montent le ton. Ce qu’ils veulent aborder lors de la réunion publique du 6 mars c’est le projet de 87 logements du Domaine du parc, nom de cette nouvelle résidence portée par le promoteur Corem et qui se situe en face de chez eux. « Nous ne voulons pas entendre des banalités », poursuivent-ils.

Quelques jours avant, Michel Pons (DVD), maire, craignait que le projet immobilier ne « phagocyte » cette réunion et s’attendait à ces interventions. En avril dernier, une manifestation contre le projet avait rassemblé plusieurs centaines de Villennois.

Les riverains auront toutefois rongé leur frein pendant une heure et demie avant de laisser exploser leur colère : « Cela fait trois mois que nous subissons les camions, le nettoyage au karcher tous les jours … Ma clôture a même été détériorée », s’indigne une habitante de la rue.

Les Villennois concernés voient d’un mauvais œil l’arrivée de « 250 nouvelles voitures » en face de chez eux : « Il y a déjà 800 voitures par jour », s’indigne une riveraine. Et de continuer à commenter tandis que Michel Pons rappelle notamment « qu’il y a une augmentation de nos quotas de logements sociaux. » Les riverains, eux, regrettent que le permis de construire leur ait été « dissimulé ».

Ce « manque de communication » a également été relevé lors de la réunion du quartier des Hameaux, le 2 mars dernier. Ici, les riverains ont appris par une fuite de documents datés du mois de juin que le plateau de Breteuil allait faire l’objet d’une construction de 336 logements par l’aménageur public Citallios. « Nous n’avons pas jugé utile de réunir le comité de quartier à l’automne car ce projet a été refusé », précise l’édile.

Ce que craignent également les Villennois, c’est la dégradation de leur cadre de vie, due aux constructions de logements: « On ne veut pas que Villennes ressemble à Poissy ! », s’exclame cet habitant du centre-ville, père de deux enfants. Et plusieurs riverains d’évoquer le chantier des anciens tennis, où 39 logements sont prévus, « régulièrement squattés » et d’où l’on entend « des hurlements de sauvages ». « Nous avons fait remonter l’information à l’entreprise », assure pour sa part Michel Pons.

Exercer une « plus forte adversité » face au préfet est aussi un souhait des Villennois de ces quartiers, voyant l’augmentation des logements, sociaux ou non, d’un mauvais oeil. « D’un côté on me reproche de trop préserver Villennes, de l’autre vous me reprochez de trop construire », se défend l’édile de la situation, délicate. Avant de rappeler que pour l’instant, « la municipalité a le contrôle de l’urbanisme. Si c’était en charge de la communauté urbaine (Grand Paris Seine et Oise, Ndlr) cela ne serait peut-être pas la même chose ! »

« Et les infrastructures ? s’interrogent les riverains. Peuvent-elles supporter l’arrivée de nouveaux habitants ? » Et l’élu de répondre que « deux classes seront ouvertes à l’école du Pré seigneur et ensuite aux Sables ». Pas de quoi convaincre certains, notamment ceux de la route de Marolles, dont le troisième recours doit être examiné par le tribunal administratif durant le mois d’avril.

D’autres thèmes abordés

Si la construction de logements sociaux a largement suscité le débat, d’autres sujets ont également été traités, notamment la sécurité. La municipalité prévoit ainsi d’armer sa police pour septembre 2017 : « Nous n’avons pas de commissariat de proximité, détaille Michel Pons. De plus, les autres villes arment leur police municipale ». De nouvelles caméras de surveillance seront installées. Concernant la fiscalité, Jean-Luc Bianchi, adjoint en charge des finances a rappelé que «  la part communale de la taxe foncière est de 10,57 %. La moyenne yvelinoise est, elle, à 18 % ».