Sur les hauteurs de la ville, le château d’Issou et son parc verdoyant offrent une vue imprenable sur la vallée de la Mauldre. L’édifice est l’un des plus emblématiques de la commune mais, inoccupé depuis 1976, il subit les outrages du temps. Son histoire peut rappeler celle du château de la Brunetterie d’Orgeval, racheté par la mairie il y a deux décennies pour être sauvé, mais qui va finalement être bientôt démoli au vu du coût de rénovation jugé trop élevé (estimé à cinq millions d’euros, Ndlr).

Dans l’espoir de lui éviter un destin similaire, la municipalité d’Issou vient de lancer des études pour estimer les mesures à prendre pour sauver cet important bâtiment patrimonial. Construit vers le XVème siècle, le château et son terrain de 4 hectares, qui comprennent également plusieurs dépendances (voir encadré), sont communaux depuis 1984. A l’époque, la Ville les avait acheté « pour 450 000 francs avec le parc de 8 hectares (situé en contrebas du château, Ndlr) », raconte Patrick Perrault (SE), adjoint aux travaux.

Inoccupé depuis 1976, l’emblématique château d’Issou se dégrade au fil des années.

Chargé d’histoire, le site a accueilli d’illustres figures parmi lesquelles la marquise de Pompadour ou encore le duc de Bouillon. Dans l’histoire récente, le cinéma s’est également approprié le lieu avec le tournage de séquences, à l’intérieur et à l’extérieur, des films Le pacte des loups (2001) et Camille Claudel (1988). Mais même si les équipes de ces films y ont trouvé de parfaits cadres de tournage, le château se dégrade d’année en année.

En 2001, la partie arrière du bâtiment s’est même effondrée, ce qui avait mené l’ancienne municipalité à prendre un arrêté de péril et fermer le lieu au public pour des raisons de sécurité. L’équipe municipale suivante, celle de l’actuelle maire Martine Chevalier (SE), a par la suite voté une délibération de principe pour la sauvegarde du château en 2004. Depuis cette date, les dépendances ont été sauvées : seul le bâtiment principal n’a pas pu bénéficier d’une réhabilitation.

Si le château n’a pas encore bénéficié de travaux, les dépendances ont été réhabilitées, ainsi que le jardin à la française.

Selon l’élu issoussois, ces travaux n’ont pas encore été réalisés pour des raisons budgétaires. « Là, on a réussi à faire les équipements nécessaires pour accueillir la population donc on commence à pouvoir envisager la suite, et notamment la sauvegarde du patrimoine », explique Patrick Perrault. Il y a quelques semaines, la commune a donc lancé une consultation pour que soit menée une étude de sauvegarde et de réhabilitation du château.

Cette dernière, pour laquelle « de nombreux architectes préparent des dossiers » d’après Patrick Perrault, devra répondre à la question « par quel moyen intervenir ? ». Ce dernier donne comme options : « Soit il est trop tard et il faut reconstruire un bâtiment […] soit on peut réhabiliter l’existant. » Mais l’adjoint aux travaux, qui a également été président de l’association Les amis du château dont l’objet est de contribuer à la sauvegarde du lieu, insiste : « Ce qu’on souhaite absolument, c’est sauver cette bâtisse. »

Pour cela, Patrick Perrault estime qu’il faut « refaire en urgence » la charpente et la toiture. « Dans un premier temps il faut absolument le mettre hors d’eau […], observe l’adjoint aux travaux. Après on aura le temps pour faire les autres travaux (notamment à l’intérieur où le plancher cède, Ndlr) et au moins le bâtiment sera sauvé. » L’équipe municipale veut donc « faire le plus vite possible la couverture » du château et souhaite « pouvoir prendre une décision ferme et définitive » sur ce qui doit être fait « d’ici un an ».

Si Patrick Perrault avance que la réhabilitation du lieu coûterait  « au moins deux millions d’euros », il explique que l’étude a également comme objectif de chiffrer le budget, « pour savoir sur quel ordre de grandeur on se dirige ». L’objectif à terme est de pouvoir ouvrir le site « d’une manière optimale au public, car c’est aussi un moyen d’obtenir le plus de subventions ». Et Patrick Perrault l’affirme : « On fera tout pour sauvegarder le château, après ça prendra un certain temps ».

Les dépendances du château déjà sauvées

Si le château n’a pas encore été réhabilité, depuis une vingtaine d’années, des travaux étalés dans le temps ont permis de sauver toutes ses dépendances. Les deux pigeonniers, dont le pigeonnier carré qui est « la plus ancienne bâtisse de la ville » d’après l’adjoint aux travaux Patrick Perrault (SE), ont ainsi entièrement été refaits. L’orangerie, les écuries, le garage et les communs ont également bénéficié de rénovations. « L’ensemble des travaux ont été réalisés avec le Cham (l’association Chantier, histoire, architecture, médiéval, Ndlr) et des chantiers d’insertions », précise Patrick Perrault.

Le jardin à la française, situé sur le côté du château, a été aussi réaménagé, avec le concours de l’association Les amis du château, par « deux jeunes en étude de paysagiste qui ont travaillé à partir de cartes postales d’époque », explique Patrick Perrault. Cette année, c’est la toiture de la rotonde située dans l’entrée du lieu qui va être recréée, près de quatre ans après que le confortement de ses murs ait été réalisé. L’adjoint aux travaux estime cette opération entre « 50 et 60 000 euros ».