La sauvegarde de la perdrix grise préoccupe les chasseurs. Le mercredi 5 avril, la Fédération interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France (Ficif) organisait une réunion à Boinville-en-Mantois pour présenter aux chasseurs locaux les moyens de préserver cette espèce d’oiseaux. Derrière la sauvegarde de ce petit gibier, la Ficif espère aussi maintenir le nombre de chasseurs, dont « la population est vieillissante ».

D’après Jean-Pierre Dumege, administrateur à la Ficif et président de la commission petit gibier, environ « 40 % » des nouveaux chasseurs « disparaissent » dans les deux ans qui suivent l’obtention de leur permis. « Quelqu’un qui passe son permis de chasse, la premier chose qu’il va faire c’est aller chasser le petit gibier, estime ce dernier. Mais si on ne trouve pas, c’est démotivant. » Et d’ajouter : « Le but, c’est qu’on ne soit pas les derniers des Mohicans et de retrouver des nouveaux chasseurs. »

« On a eu des printemps catastrophiques en termes météorologiques et c’est fortement néfaste à la petite faune de plaine », estime Jean-Pierre Dumege de la diminution du nombre de perdrix grises. Complété par Jean-Claude Bernardon, engagé depuis neuf ans dans la repopulation de la perdrix, pour qui « la cause principale du déclin des perdrix [est] la modernisation, notamment avec la grande uniformité des cultures ». Cette dernière a en effet tendance à supprimer « les bandes » de végétation entre les cultures, « des emplacements privilégiés » pour la faune.

Pour maintenir la population de perdrix, les organisateurs de la réunion publique ont présenté les trois grandes principales actions. Il s’agit de « la régulation des prédateurs », l’ « aménagement du territoire » pour offrir un cadre de vie où l’oiseau pourra se développer, et la « gestion de la population » avec du comptage et en ne chassant qu’en fonction du nombre de couples et du taux de reproduction.

Du côté des chasseurs présents, plusieurs ont évoqué des difficultés à trouver des emplacements pour faire progresser la population de perdrix grises. « On sait élever mais on ne sait pas où les mettre », a notamment fait remarquer l’un d’eux originaire de Thoiry, mentionnant des difficultés à se mettre d’accord avec les agriculteurs. Le président de la commission petit gibier au sein de la Ficif a expliqué que « si des gens sont partant pour se lancer [dans la repopulation de la perdrix], la fédération étudiera les dossiers et pourra subventionner ».

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