De plans de redressement en restructurations, de suppressions de postes en fermetures de lits, la diète a été extrêmement sévère pour les trois centres hospitaliers de vallée de Seine, comme pour beaucoup ailleurs en France. L’année 2017 pourrait bien être celle du redressement, avec des comptes soit légèrement négatifs pour Mantes-la-Jolie et Meulan – Les Mureaux, soit légèrement positifs pour Poissy – Saint-Germain-en-Laye.

« On revient progressivement autour de l’équilibre financier, on a travaillé sur nos charges et nos recettes, note le directeur de l’hôpital de Meulan – Les Mureaux (au déficit proche du million d’euros, Ndlr), Frédéric Mazurier. Des efforts ont été faits par les équipes médicales, soignantes et administratives, pour les dates de prise de RTT et l’absentéisme. […] Sur l’aspect recettes, nous avons une bonne facturabilité des patients, et une activité en croissance, sur des patients plus complexes (qui génèrent plus de recettes, Ndlr). »

« On n’est jamais sortis définitivement d’affaires », indique Michaël Galy, directeur commun de Poissy (excédent de deux millions d’euros en 2016, Ndlr) et de Mantes-la-Jolie (déficit estimé à 900 000 euros en 2017, Ndlr)

« On n’est jamais sortis définitivement d’affaires », indique de son côté son homologue Michaël Galy, directeur commun de Poissy et de Mantes-la-Jolie, de l’excédent de 2016 de deux millions d’euros à l’hôpital pisciacais. Il envisage désormais plus sereinement l’emprunt de 25 millions d’euros, nécessaires pour financer la construction du nouveau bâtiment pisciacais, faisant remonter la dette de 75 à 100 millions d’euros (voir ci-dessous).

L’hôpital de Mantes-la-Jolie, lui, doit encore supprimer des postes cette année, qui ne l’avaient pas été l’an dernier dans le cadre de la seconde phase du plan de retour à l’équilibre financier. « On prévoit pour l’instant un déficit de l’ordre de 900 000 euros en 2017 », précise Michaël Galy. Le service cardiologie est en travaux pour passer de six à huit lits en juillet, et l’hôpital devrait de nouveau titulariser des personnels contractuels, comme deux témoins de cette meilleure santé financière.

« Des efforts ont été faits par les équipes médicales, soignantes et administratives, pour les dates de prise de RTT et l’absentéisme », note le directeur de l’hôpital de Meulan – Les Mureaux, Frédéric Mazurier.

A Meulan – Les Mureaux, si le directeur se montre un peu plus serein quant à l’avenir, il reste prudent : « C’est comme un patient convalescent, il ne faut pas aller trop vite et être dans des efforts soutenables. » Les organisations syndicales des trois hôpitaux décrivent en effet déjà unanimement les difficultés quotidiennes, avec une charge de travail de moins en moins soutenable, et des renouvellements de matériels différés à l’extrême.

« Ils ont commencé par diminuer tout ce qui était paiement du matériel, ils reportent, ils reportent, et maintenant, c’est le personnel, analyse ainsi Claire Somme, secrétaire de la section CFTC à l’hôpital de Meulan – Les Mureaux, qui déplore par ailleurs la diminution chaque année par l’Etat de la rémunération des actes médicaux. On est a minima en temps normal, dès qu’il y a des vacances, c’est catastrophique ! On a beau faire tout ce qu’on peut, si on ne met pas du personnel en plus, ça ne marchera pas. »

« Les conditions de travail sont de plus en plus difficiles avec les suppressions de postes, confirme pour l’hôpital de Mantes Catherine Martinez-Mokrani, déléguée CGT de l’hôpital mantais. On a un taux d’absentéisme (dû aux arrêts maladie, Ndlr) qui pète les scores au niveau régional : on est à plus de 10 % en 2016, ce qui est un chiffre record par rapport aux autres hôpitaux (et l’un des plus élevés de France, Ndlr). »

Mise à jour, 26 avril 2017 : Dans une précédente version de cette article, il était indiqué de manière erronée que Claire Somme était déléguée syndicale à la CFDT et non secrétaire de la CFTC de l’hôpital de Meulan – Les Mureaux. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs ainsi que de la principale intéressée.