Avoir un abattement de 30 % de la taxe foncière sur les propriétés bâties dans les quartiers en politique de la ville, mais en contrepartie, participer à l’amélioration du cadre de vie. Telles sont les conditions de la convention signée entre les différents bailleurs sociaux, la Ville, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise et le préfet en 2016. Imposée par l’État, cette convention était à l’ordre du jour du conseil municipal, le 17 mai dernier.

Si plusieurs élus de la majorité « ne sont pas contre ce principe », ils ont toutefois soulevé que « la qualité du service n’est pas toujours au rendez-vous ». Les quartiers concernés sont ceux des Musiciens, la Vigne-blanche, Bècheville, les Bougimonts-Ile-de-France, le secteur Erick Satie ainsi que la cité Renault-centre-ville pour un total de 3 235 logements.

« Un petit problème avec un bailleur devient une montagne, je le vis au quotidien », s’exprime ainsi Raki Kane, conseillère du groupe majoritaire. La convention a été votée avec 10 voix pour, 10 abstentions et cinq contre. « Il fallait renvoyer quelque chose », explique de ce résultat Michel Carrière (DVG), également membre de la majorité qui a voté contre.

Dans cette convention tant discutée, chaque quartier fait l’objet d’un « diagnostic », comprenant sa localisation, les caractéristiques de sa population mais aussi les priorités d’interventions. Dans le quartiers des Musiciens, par exemple, « la présence de nuisibles » dans les parties communes est constatée, tandis que dans le quartier des Bougimonts, « la collecte s’avère insuffisante au vu de la production des déchets » ainsi que « l’existence de dépôts sauvages ».

Une pratique toujours existante selon un riverain des Bougimonts, qui déplore le manque d’actions concernant l’hygiène et la propreté : « S’ils utilisaient déjà 15 % de leur abattement, cela serait pas mal. » A propos de panneaux d’interdiction de stationnement installés récemment : « C’est dérisoire, ce n’est pas le plus urgent ». Il évoque notamment le cas de la rue des Bougimonts et le problème « des encombrants ». Toutefois, il reconnaît que dans certains quartiers, « les bailleurs en font encore moins ».

Contacté par La Gazette, le bailleur Efidis détaille avoir réalisé « en complément de la collecte réalisée par le prestataire Sepur une fois tous les deux mois, des opérations ponctuelles d’enlèvement des encombrants ». Pour l’année 2017, il prévoit entre autres « d’agrandir certains locaux de collecte des déchets ».

Malgré les critiques émanant de la majorité, dont « le manque de transparence » sur l’utilisation des fonds, Bernard Durupt (LREM) adjoint en charge de la vie associative, des sports et des festivités, a souligné que cette convention « existe depuis 15 ans et qu’il n’y avait aucun retour. Les bailleurs envoyaient tout à Bercy (siège du Ministère de l’économie et des finances, Ndlr). » Lui pointe « un premier pas » vers une amélioration de la situation. Pas de quoi convaincre au vu du résultat du vote.