Mercredi dernier, à quelques dizaines de mètres de la médiathèque, une trentaine d’enfants, gants sur les mains tenant des pinces de ramassage, observent attentivement un animateur municipal devant un petit terrain vague. « On a trois scènes de crime, leur explique-t-il des petits tas de déchets disposés entre des scotchs jaunes et noir de séries criminelles américaines. A chaque groupe, je vais confier une fiche de rapport : par exemple, les enfants aiment les bonbons ! »

Cette action, portée par les animateurs de l’Espace de quartier Gérard Philippe, s’intègre dans une journée de nettoyage, des berges et des quartiers, intitulée Plus belle ma ville, organisée dans le cadre de la semaine européenne du développement durable, et à laquelle plus de 450 enfants et adultes ont participé. « Ils seront ambassadeurs de la ville pour comprendre pourquoi canettes et ordures sont jetées au sol, indique un responsable présent. On espère que ça va aussi questionner les passants ! »

Dans cet Espace de quartier, un atelier culinaire est également mené pour apprendre à cuisiner le pain dur, en confectionnant crumbles aux pommes et pain perdu. « On le voit énormément à la cité Renault, quand le pain est rassis, les gens le jettent systématiquement par les fenêtres, ça attire pigeons et rats, indique ainsi Camara Arietou, responsable d’une association qui organise des ateliers cuisine chaque dimanche. Si ça peut sensibiliser les enfants, et expliquer à leurs parents qu’on peut toujours utiliser le pain… »

A Bécheville, les enfants et leurs parents ont confectionné un mandala géant, sorte d’oeuvre réalisée de déchets végétaux et de fleurs.

Chacun des Espaces de quartier a en effet pu se coordonner indépendamment, choisissant ses actions et les associations avec qui les mener. A Bécheville, les enfants et leurs parents ont ainsi confectionné un mandala géant, sorte d’oeuvre réalisée de déchets végétaux et de fleurs. « On a du mal à toucher toutes les familles […] les enfants permettent d’atteindre le foyer car ils véhiculent les bonnes pratiques », note un représentant du bailleur social Antin résidences, partenaire comme de cette action, notamment car « ça représente des coûts » payés par les charges des locataires.

« L’objectif est d’étendre ce style d’opérations citoyennes à tous les quartiers, et peut-être d’essayer de le faire une fois par trimestre », indique Michel Carrière (DVG), adjoint chargé du développement durable. « Ca a bien fonctionné », se félicite-t-il, tout en prévenant : « C’est quelque chose qui va prendre un peu de temps, qu’il faut amener à maturer, à travailler avec les écoles, les enfants, et pour cela, il faut de la volonté politique, de la constance physique et des moyens. »