Pour la municipalité, le premier projet de son ambitieux plan de réaménagement du centre-ville n’est pas le moindre. Le chantier de la place Fouillère, entre Seine, route départementale et entrée de la rue commerçante Maurice Berteaux, représente un investissement de quatre millions d’euros assumé par la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), et un vrai baptême du feu pour cette nouvelle intercommunalité fondée il y 18 mois.

La préparation du chantier a débuté depuis la mi-août, tandis que les premiers vrais travaux commenceront en septembre. Selon les estimations, la nouvelle place Fouillère devrait être terminée fin 2018 après quatre phases de chantier et aucune suppression des places de stationnement pendant les travaux. Début juillet, plus de 150 Conflanais avaient fait le déplacement pour la présentation du projet définitif, après plus d’un an de concertation.

Essentiellement un parking à ce jour, la place doit être massivement transformée. Le stationnement, maintenu, sera dissimulé derrière des végétaux, arbustes et arbres. Une place au dallage de pierre devrait permettre la tenue d’événements de tous ordres. Le long de la Seine, la circulation est rétablie d’un bout à l’autre pour cycles et piétons, tandis que des gradins permettent aux flâneurs de s’asseoir.

Essentiellement parking à ce jour, la place Fouillère doit être massivement transformée après le chantier, qui doit se terminer fin 2018.

Le carrefour de la route départementale (réduite de huit à six mètres de large, Ndlr) et de la rue Maurice Berteaux sera surélevé : il n’y aura donc plus de différence de niveau entre les piétons et des voitures désormais limitées à 20 km/h. Pendant les travaux, les accès seront maintenus aux péniches situées le long des quais (et qui doivent le rester après travaux, Ndlr), notamment le théâtre Story-boat et le Bateau chocolaté.

L’objectif de ce réaménagement, comme des autres chantiers souhaités en centre-ville, est très clair pour le maire Laurent Brosse (LR). « Améliorer le cadre de vie, redynamiser cette place Fouillère, marquer l’entrée du centre-ville et en particulier de la rue Maurice Berteaux, pour en améliorer l’attractivité, et redonner ce lien à la Seine », indiquait l’édile lors de la réunion de clôture de la concertation.

Après la présentation du projet, et de nombreuses questions parfois fort pointues des présents, le maire a dû développer son point de vue, en fait plutôt focalisé sur l’activité économique. « Aujourd’hui, le centre-ville est à la croisée des chemins, on a une rue dont les commerces souffrent, constate-t-il. On parvient tant bien que mal à conserver quelques commerces attractifs, mais on voit progressivement des banques, des assurances s’installer. »

Il évoque également le marché forain « aujourd’hui en souffrance, réduit à son strict minimum ». Alors, l’édile veut « penser au Conflans de demain, dans dix ans » et estime la situation plus grave qu’au premier abord : « Je pense que si on ne fait rien, si on laisse cette place, et à moyen terme la rue, telles qu’elles sont aujourd’hui, que c’est la fin de notre centre-ville, et que ce n’est pas un horizon lointain mais un horizon très proche. »

Du côté de la communauté urbaine, les responsables administratifs présents mettent l’accent sur le retour à la Seine… Comme sur le choix de réduire les coûts d’entretien de la nouvelle place, en ces temps de vaches maigres pour les collectivités locales. Sont ainsi évoqués l’usage d’un nombre « limité » de matériaux « pérennes » et « durables », mais aussi la plantation d’arbres au port nécessitant une taille peu fréquente, et d’espèces permettant un arrosage réduit.

« C’est un projet à Conflans, d’abord pour les Conflanais, mais en même temps, pour nous, il s’inscrit dans une logique d’ensemble de valorisation des berges de Seine, explique plus globalement le directeur de l’aménagement de GPSEO. On est en train de lancer des projets à Andrésy, à Médan, pour nous, il y a une logique d’ensemble d’aménagement de berges de Seine, de rétablissements dans certains cas de continuités qui n’existaient pas. »

Mais Conflans-Sainte-Honorine est l’une des communes de GPSEO où la création de cette immense intercommunalité est le moins acceptée d’une population qui ne se voit que peu de rapports avec le Mantois. Alors, un habitant demande quel est le « retour sur investissement prévu place Fouillère », rappelant que « les impôts (municipaux, Ndlr) vont augmenter pas mal cette année ».

En réponse, Laurent Brosse reprend son bâton de pèlerin, et nuance : « La communauté urbaine, effectivement, c’est vous, c’est nous, mais les Conflanais le paieront au même titre que tous les contribuables jusqu’à Rolleboise. » Et, au-delà de sa vision d’un centre-ville menacé, il se fait aussi concret, citant « des recettes liées au tourisme », une activité économique en laquelle il investit lourdement depuis son élection. Il faudra attendre quelques années pour savoir si son pari était gagnant.

Place Fouillère : la concertation s’achève sur une bonne note

Les projets de réaménagement de la place Fouillère et de la rue Maurice Berteaux sont gérés et financés par la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), celui des bâtiments municipaux de l’hôtel de ville est à l’étude par la municipalité et l’aménageur public Citallios.

Place Fouillère : la concertation s’achève sur une bonne note
Engagée au printemps 2016, la concertation autour du réaménagement de la place Fouillère semble avoir été menée de manière satisfaisante aux dires des participants de la réunion de clôture, début juillet. Plusieurs ont ainsi fait remarquer leur joie de voir leurs remarques et propositions intégrées dans le projet définitif, qui a semblé satisfaire les présents ce soir-là, y compris ceux qui sont opposés à la politique, ou du moins à certains de ses aspects, de la majorité de droite élue en 2014.

« Ce que vous nous avez présenté me semble un bon projet pour le cadre de vie des Conflanais », a loué Martine Lebard, de l’association Conflans cadre de vie et environnement (CCVE). « Je tiens à vous féliciter pour ce très beau projet, je me réjouis toujours de la place laissée aux piétons et que la biodiversité augmente », a commenté Gaël Callonec (EELV), conseiller municipal d’opposition écologiste. « Il y a beaucoup de choses très positives dans tout ça », a abondé Jeannette Maury, membre du collectif des Amis du Cinéville (opposé à la fermeture du cinéma municipal, Ndlr).

Rue Maurice Berteaux : coup de neuf dans quelques années
Si le projet de réaménagement de la place Fouillère est déjà bien engagé, et celui de réaménagement de la place de l’hôtel de ville et de l’immeuble municipal à l’étude, reste la remise à niveau de la rue Maurice Berteaux, qui lie les deux emplacements. Son réaménagement est voulu par la municipalité, mais dépend de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO), seule à même de les réaliser et de les financer.

« Je ne peux vous répondre tout de suite sur un délai, a précisé le maire Laurent Brosse (LR) lors de la réunion de présentation du projet définitif de la place Fouillère. On est en train de travailler sur un contrat de territoire avec la communauté urbaine : parmi les propositions qu’on a formulées figure notamment la rue Maurice Berteaux. Si ça figure dans le contrat, ce sera dans les cinq ans, sinon, ce sera plus à moyen terme. »

Le marché déménagé pendant les travaux
Depuis le 18 août, le marché forain de la place Fouillère, tenu les mardis, vendredis et dimanches, a déménagé au niveau du parking l’hôtel de ville afin de laisser place aux travaux, « avec l’accord des commerçants » selon le maire Laurent Brosse (LR). Le marché devrait cependant revenir place Fouillère une fois celle-ci réaménagée, soit au mieux fin 2018.

Citallios étudie le réaménagement du voisinage de l’hôtel de ville
A l’Est de l’hôtel de ville, de l’autre côté du parking, l’ensemble de bâtiments appartient à la mairie. Les locaux sont actuellement occupés par le cinéma municipal Cinéville, le bureau des élus d’opposition, les services municipaux des ressources humaines et des finances, et les ex-bains-douches (fermés en septembre 2016, Ndlr). Le tout devrait être démoli dans les années à venir, pour être remplacé par un nouvel ensemble actuellement examiné par la municipalité. Cette dernière est associée pour ce projet à Citallios, aménageur public des Hauts-de-Seine et des Yvelines.

« On serait très clairement sur une démolition-reconstruction. Le bâti date de 1920 pour la partie Cinéville, la rénovation nous coûterait sûrement aussi cher, indiquait il y a quelques semaines Laurent Brosse (LR), le maire conflanais. Ca marque l’entrée du centre-ville, il peut y avoir du logement et du commerce de proximité, on réfléchit aussi à des équipements publics. » Citallios et la municipalité ont mené des études au premier semestre, aux conclusions non encore dévoilées.

Crédit photo : place Fouillère – vue 3D Orsignher paysage / Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise / Juin 2017
Crédit photo : plan vue aérienne UMAP – OPEN STREET MAP