Dans les hôpitaux de vallée de Seine comme dans le reste du monde médical, l’hypnose se fait progressivement une place de plus en plus grande au sein des autres techniques et spécialités médicales. De la réduction de la douleur chez les patients au sevrage tabagique, sans oublier certaines opérations chirurgicales où le traitement de phobies, elle donne parfois des résultats spectaculaires, et permet le plus souvent de réduire la quantité de médicaments prescrits.

Dans l’hôpital de Meulan – Les Mureaux, l’hypnose est aujourd’hui utilisée essentiellement pour le traitement de la douleur et les consultations en tabacologie. A Poissy – Saint-Germain-en-Laye, consultations et opérations sont de la partie. A Mantes-la-Jolie, s’il n’y a pas de consultations dédiées à la douleur, la palette s’élargit à la consultation de femmes enceintes, et la médecin responsable de cette pratique peut être régulièrement appelée dans d’autres services.

Cela peut ainsi être le cas lors d’une phobie soudaine à l’IRM. « On m’a déjà appelée car la patiente ne voulait pas entrer dans la machine, se souvient ainsi Nathalie Hubert-Giauque, médecin généraliste du service de chirurgie, spécialiste de l’hypnose à l’hôpital mantais. Je la mets en hypnose formelle, et je lui parle par l’interphone tout le temps où elle est dans la machine. » Depuis plusieurs années, et à l’instar d’autres collègues de vallée de Seine, elle forme aussi des infirmières.

Alors que l’hôpital pratiquait surtout la chirurgie ophtalmologique sous hypnose, Nathalie Hubert-Giauque utilise cette technique depuis peu pour des tumorectomies du sein, des opérations de 15 à 20 minutes. « Les patients ont quand même une perfusion, on peut mettre quelque chose s’ils ont mal, rassure-t-elle de ces interventions où une anesthésie locale reste prodiguée. Je ne suis jamais sûre de moi à 100 %, certains partent très bien, d’autres beaucoup moins bien. »

Aux Mureaux, l’hypnose est pratiquée depuis quatre ans. Les médecins de l’hôpital qui y sont formés ont récemment proposé une conférence pour leurs confrères. « Le sevrage tabagique reste un point important, il y a aussi les troubles du comportement, alimentaires, sommeil, anxiété et phobies, et pour les enfants les troubles scolaires et les comportements pas étiquetés », détaille de l’intérêt des consultations Nicolas Simon, ex-chef de service à l’hôpital de Poissy.

« Il y a également des consultations d’évaluation des douleurs chroniques, et on essaie de développer le traitement de la douleur aïgue dans tous les services », complète Céline Michel-Dhaine, responsable de l’unité douleur. Mais pas de chirurgie pour l’instant : « Comme partout, il faut une dynamique de service et que tout le monde soit motivé. Clairement, l’équipe d’anesthésie, pour l’instant, n’y est pas passée. »

Si tous les soignants ne sont donc pas convaincus, chez les soignés, l’hypnose a plutôt la cote depuis quelques années. « Les patients sont dans une ambiance sociétale où, après de très grandes avancées médicamenteuses, il y a eu une légère stagnation et des scandales sanitaires », rapporte le docteur Adrian Chaboche de l’intérêt des patients, avant d’aborder la réticence de certains collègues : « Ca ouvre des portes immenses, sur des champs de possibles tellement innovants, que ça fait peur. »

En ce mois de novembre, c’est l’arrêt du tabac qui occupe nombre de soignants formés à l’hypnose en vallée de Seine, à travers l’opération Hypno-stop proposée à Poissy, aux Mureaux et à Mantes-la-Jolie. Elle est composée d’une consultation d’orientation et de deux séances d’hypnothérapie, avec une ligne téléphonique unique pour la prise de rendez-vous, le 01 30 22 41 14.