Ambiance maussade chez les Carriéroises et les Carriérois ? Lundi 6 novembre au soir, pendant une réunion sur le thème de « l’accueil des gens du voyage et la sécurisation des espaces naturels », plusieurs habitants ont fait part au maire, Christophe Delrieu (DVD), de leur envie de déménager de la commune. Si le ton n’est pas monté pendant la soirée, seul face à une soixantaine de personnes, le maire a dû répondre aux doléances de ses administrés, dont certains résident de longue date sur la commune.

En début de réunion, pendant près d’une heure, Christophe Delrieu a exposé le contexte de l’accueil des gens du voyage à Carrières-sous-Poissy et sur la communauté urbaine, et notamment les avancées du projet de l’aire de grand passage (voir page 2). C’est donc naturellement que le thème des gens du voyage a été le plus abordé pendant le traditionnel temps de « questions-réponses ».

« J’ai plein de caravanes devant les fenêtres de mon appartement, donc il est invendable où il faut que je le brade », s’est émue Virginie, désirant déménager de Carrières-sous-Poissy pour se rapprocher de son lieu de travail. En réponse, le maire lui a proposé de l’accompagner, notamment en présentant aux potentiels acheteurs « la visibilité sur la perceptive que les gens du voyage ne soient plus là ».

Prenant la parole, une habitante de Carrières-sous-Poissy depuis 30 ans a également dressé un constat morose. « L’augmentation monstrueuse des impôts et les gens du voyage font que j’entends de plus en plus de gens qui veulent partir, avance cette dernière. Moi, pour la première fois, je me pose la question si je vais partir. Je ne me sens plus en sécurité. » D’autres faisant référence à des voitures vandalisées.

Face à plusieurs réflexions similaires, Christophe Delrieu s’est montré rassurant. « On a attrapé les vandales […] donc je pense que pour l’instant vous allez avoir moins de problèmes », assure l’édile à l’assemblée, avant d’insister à plusieurs reprises qu’il ne s’agissait pas de personnes de la communauté des gens du voyage.

« Chaque fois qu’on fait des arrestations pour cambriolage, il n’y a pas de Roms ou de gens du voyage, ce sont des gens qui sont chez nous, rappelle le maire. On ne parle que de sept jeunes sur le quartier centre, vous les enlevez et il y a 80 % de vos problèmes qui tombent. »

Le constat n’est pour autant pas aussi amère pour tous dans les rangs carriérois. Plusieurs ont remercié le maire pour la présentation de ce soir-là. « Merci pour le démantèlement du camp de Roms (fin août, Ndlr), ajoute une habitante. Le quartier est beaucoup plus calme et beaucoup plus propre. »