Des briques, du bois, et toutes sortes de matériaux en peinture plus vrais que nature. Arrivée à Achères depuis près d’un an, Mélissande Germain est peintre en décor : elle réalise des décorations en trompe l’œil. « Fausses fenêtres, fausses portes, fausses briques, faux bois, on remplace les effets de matières », explique la peintre dont les jeux de couleurs et d’ombrages permettent d’obtenir ces illusions.

A 32 ans, son parcours riche en expériences ne l’emmenait pourtant pas forcément sur cette voie. Après avoir été plasturgiste dans le secteur industriel, ambulancière, tatoueuse, c’est à 30 ans que Mélissande Germain s’oriente vers la peinture de décors. Une nouvelle étape dans sa carrière qui tombe sous le sens tant l’art semble toujours avoir été une passion constante et entretenue.

« Depuis toujours je dessine, comme tous les enfants j’imagine, raconte modestement Mélissande Germain. Petite, je laissais des feuilles de dessin partout. » Sauf que l’artiste n’a jamais abandonné cette passion et a plusieurs cordes à son arc. Elle est également peintre, illustratrice, et à d’ailleurs l’objectif d’exposer un jour ses œuvres et même de « faire des livres pour enfants ».

Mélissande Germain a réalisé des trompe-l’œil pour un barbier de Saint-Ouen-l’Aumône. Si les briques derrière elle, et le mur à droite en bois paraissent réels, il s’agit de peintures.

Si elle a déjà travaillé pour plusieurs particuliers en tant que peintre en décor avec la réalisation « de chambres d’enfant et de façades », la jeune femme intervient également depuis cette année chez des professionnels : « Je me suis lancée dans la rénovation de magasins. » Son exercice le plus abouti, et le « plus compliqué », est d’ailleurs sa participation à la transformation d’un ancien pressing en un « barber shop » : le Old barber situé à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise.

Réalisés en trois mois, les trompe-l’œil de Mélissande Germain participent à donner au lieu une atmosphère mêlant « barber shop vintage » à l’américaine et saloon (voir photo). « Tout a été refait du sol au plafond et a été créé sur mesure, la peinture, les décorations, », détaille-t-elle. C’est également l’Achéroise qui a créé le logo du Old barber, et en a fait la version physique à partir de matériaux de récupération.

En parallèle, Mélissande Germain est animatrice dans une association pour enfants en difficulté scolaire à Sartrouville, car son seul métier de peintre en décors ne suffit actuellement pas. « C’est dur de trouver des commerces, les gens n’ont pas idée de ce que peuvent faire des peintures en décor », souligne la jeune femme. Mais elle ne cache pas son ambition d’en faire un jour sa seule source de revenus : « Je veux connaître le sentiment de refuser des chantiers parce que je suis overbookée. »