En projet depuis plusieurs années, certaines installations d’antennes-relais dans plusieurs communes de la vallée de Seine commencent à devenir de plus en plus significatives. A Triel-sur-Seine comme à Evecquemont, les conseils municipaux ont voté pour cette implantation. A Villennes-sur-Seine, le maire a bloqué le début des travaux et recherche un autre endroit que celui initialement proposé par l’opérateur Free. Si les élus assurent qu’il y a une demande, une part de leurs administrés reste contre ces implantations.

« Fin 2016, alors qu’il n’y avait eu aucune rencontre, on a appris qu’il y avait deux projets d’implantation, pour lesquels on a donné deux refus », a rappelé Michel Poirot, adjoint triellois en charge de l’urbanisme lors du conseil municipal du 21 septembre. Mais arguant « d’une obligation pour Free d’avoir ses équipements », un accord a été trouvé « sur une parcelle appartenant à la Ville, à proximité du château d’eau (là où sont déjà les autres opérateurs, Ndlr). »

Si dans le public, la crainte de nuisances visuelles, sonores mais également sur la faune se fait entendre, la municipalité « a reçu des éléments rassurants », détaille Frédéric Spangenberg (DVG), adjoint à l’environnement. L’implantation de l’opérateur permettrait aussi à la commune de percevoir des gains. « Free verserait une redevance de 8 000 euros par an, avance Michel Poirot. La convention est signée pour 12 ans et la Ville percevrait 96 000 euros bruts. »

Un argument financier que le collectif Episcologie, récemment fondé à Evecquemont contre l’implantation prochaine d’une antenne relais Bouygues, peine à comprendre. « Cela va impacter la vie de la commune pendant des décennies », regrette un des membres du collectif, de leur découverte du projet le 30 mars dernier.

Nuisances visuelles, sonores ou sanitaires sont des craintes soulevées par les opposants à l’implantation d’une antenne-relais. Ils demandent aux opérateurs de trouver d’autres endroits.

S’ils ne se définissent pas comme « anti-technologies », ils regrettent cependant le choix de l’emplacement, à proximité de la route départementale 922. « L’antenne ne sera qu’à 250 mètres des premières habitations, déplorent-ils. De plus, il va falloir déboiser cette zone, ce que le nouveau plan local d’urbanisme autorise. » Dans le dernier journal municipal, la maire écologiste Ghislaine Senée évoque « un compromis » qui « répond à la fois au besoin de couverture de l’opérateur et (…) une implantation au-delà de la RD 922 et non dans la zone urbanisée. »

Mais le collectif reste sceptique : « Dans le centre-ville, il y a des murs épais en pierre. Cela ne résoudra pas le problème. D’autant que l’arrivée de la fibre est prévue en 2018. » Ce à quoi la maire répond également : « Cela ne résoudra pas le problème de la téléphonie mobile (…). Equipé d’un smartphone et avec un abonnement téléphonique, vous pourrez aller sur internet. Avec la fibre, vous aurez besoin d’un ordinateur et d’une box si vous souhaitez obtenir la TV, il vous faudra prendre également un abonnement internet. »

C’est à Villennes-sur-Seine que l’implantation d’une antenne-relais devient de plus en plus concrète. Contacté il y a quelques semaines à ce sujet, l’édile villennois Michel Pons (DVD) avait expliqué avoir « refusé deux fois les permis de construire. Mais Free est allé au tribunal et j’ai reçu une injonction de le signer. » L’opérateur fait notamment prévaloir un accord national avec l’enseigne Campanile pour justifier de l’installation sur le terrain. « On essaie d’envisager un autre endroit, détaille le maire. En attendant, les travaux sont bloqués. »

Si Michel Pons reste mesuré, son premier adjoint Jean-Luc Bianchi est beaucoup plus virulent et évoque « une catastrophe esthétique et sanitaire » car « on ne sait pas quels dégâts peuvent provoquer les ondes. » Autre problème soulevé par l’élu, « la proximité des habitations et de la maison de l’enfance, où 160 enfants sont accueillis quotidiennement. »

Lui regrette « un manque d’ouverture au dialogue ». Et de détailler : « La mairie propose d’autres endroits mais ils restent sur l’emplacement du Campanile. On a l’impression que la décision est unilatérale. » Un courrier recommandé a été envoyé au préfet et une pétition a recueilli 300 signatures. Alors, il soutient surtout Michel Pons dans sa démarche de n’avoir pas autorisé les travaux : « On préfère qu’il tienne face à Free. »