Vendredi 24 novembre, le Collectif pour la protection des riverains de l’autoroute A184 (Copra 184), depuis renommée A104, a tenu sa 26e assemblée générale annuelle au complexe sportif Saint-Marc d’Orgeval. Une soixantaine de personnes étaient présentes, dont plusieurs élus yvelinois et val-d’oisiens. S’il continue son combat contre l’autoroute, le collectif n’a pas caché sa satisfaction d’avoir reçu un soutien important, celui de Laurent Brosse, le maire LR de Conflans-Sainte-Honorine.

Pour justifier la relance du combat, Victor Blot, le fondateur du collectif évoque « un alignement des planètes. » Car « le rapport de la commission Mobilité 21 avait en 2013 classé le projet en seconde priorité. Mais cette décision est révisable tous les cinq ans. » L’échéance approchant, le collectif a une fois de plus réaffirmé sa détermination contre l’A104 mais aussi contre le projet d’A104 bis (voir encadré).

Car l’A104 compte un soutien de poids dans la vallée de Seine, celui du maire de Poissy, Karl Olive (DVD). Son absence (il a annulé sa venue quelques heures avant le début de l’assemblée générale, Ndlr) a fait réagir le public : « Qu’est-ce qu’on fait ? » demande un retraité chantelouvais. Dans le même temps le premier magistrat a diffusé un communiqué de presse où il s’est positionné « en tant que fervent défenseur d’un contournement (…). Poissy n’a pas vocation à rester une zone de transit à l’augmentation galopante. »

Si Victor Blot a reconnu « un réel problème de circulation à l’intérieur de la ville », il « n’accepte pas ces déclarations. Le maire de Poissy n’est pas tout seul. Onze autres communes sont impactées. » Avant de s’adresser à Laurent Brosse : « Votre décision est loin d’être neutre, on va compter les points. Et je vous souhaite bon courage. »

Car le Copra 184 peut désormais compter sur le soutien du maire de Conflans-Sainte-Honorine. Ce dernier avait exprimé la veille lors d’une conférence de presse son opposition « au projet global et au tracé vert. La configuration de Conflans-Sainte-Honorine n’est pas adaptée à une autoroute en milieu urbanisé ».

D’autre part, si l’autoroute reliant Orgeval à Méry-sur-Oise devait se faire, « il y aurait un risque que le projet de port Seine métropole Est voit le jour », explique Laurent Brosse. Projet auquel s’est opposé la municipalité dès décembre 2014.

Et s’il a choisi de se positionner maintenant c’est par volonté « de ne pas mettre les pieds dans le plat. J’aime bien écouter. En 2014, le projet me semblait mort et enterré, ce qui n’est pas le cas. » Lui serait plutôt en faveur « d’une amélioration du tracé de la RN184, avec pourquoi pas la création de tunnels sous les carrefours ? »

Egalement présents, Yannick Tasset (LR), maire d’Orgeval, et Hugues Ribault (LR), son homologue andrésien, ont fait part de leurs positions. « Vingt-six ans c’est beaucoup, mais notre détermination est intacte », a rappelé Yannick Tasset. Lui s’est prononcé en faveur « d’un bouclage allant de Mantes-la-Jolie à Meulan-en-Yvelines, car le Mantois se développe ». Hugues Ribault a quant à lui souligné « l’importance de garder une concertation sur ce projet. Le tracé vert est une aberration, il faut envisager des solutions. »

Un même combat, mais des tensions avec Non au pont d’Achères

Si durant l’assemblée générale, la présidente du Copra 184 a réaffirmé l’opposition du collectif concernant le pont d’Achères, qualifié « d’A104 bis », des frictions ont eu lieu avec le président de l’association Non au pont d’Achères, présidée par Antoine Mille. « Ce projet est encore pire puisqu’il n’y a pas les protections d’un projet autoroutier », a-t-il-déclaré avant d’inviter les membres du collectif à une réunion. « On ne vous a pas attendu pour s’y opposer, a rétorqué Laurent Lantoine, porte-parole du Copra 184. Nous sommes ouverts à des actions communes, mais il faut qu’il y ait réciprocité. »