La rumeur, entendue par certains élus d’opposition de Mantes-la-Ville, n’en était finalement pas une, leur a confirmé le maire Cyril Nauth (FN) au conseil municipal du mercredi 20 décembre. Le réaménagement en cours d’étude de la seconde partie du nouveau quartier Mantes université pourrait nécessiter la construction d’un deuxième bâtiment voyageurs du côté mantevillois de la gare SNCF de Mantes-la-Jolie, alors que le premier n’est pas encore terminé.

Et le terrain qui devait être dévolu gratuitement à l’implantation d’un groupe scolaire par la mairie, bloqué par la SNCF depuis le début de l’année, l’est désormais définitivement. Le temps presse de plus en plus pour la majorité FN, alors que les écoles de la commune accueillent plus d’élèves que jamais. « La parcelle qui nous était destinée aura très certainement une autre destination », a en effet indiqué l’édile frontiste. Trois possibilités sont actuellement étudiées (voir encadré).

« Le bâtiment voyageurs construit rue Jean Jaouen ne sera pas, vraisemblablement, le bâtiment voyageurs SNCF, a rapporté Cyril Nauth d’un rendez-vous avec Pierre-Yves Dumoulin (LR), vice-président de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) chargé des transports. Ils vont en construire un autre ailleurs, à quelques dizaines ou centaines de mètres, et les décideurs ont même envisagé de le démolir, car ils considèrent que maintenant, il est mal placé. »

La direction du projet Eole indique que le bâtiment sera mis en service « avec les fonctionnalités prévues » au printemps 2018, et le restera « dans un premier temps ».

La solution retenue, selon lui, serait de « trouver une autre destination à ce bâtiment ». Au conseil municipal, les conseillers d’opposition ont manifesté qui leur surprise, qui leurs regrets. « Faire et défaire, c’est toujours du travail, mais c’est surtout toujours de l’argent public, a déploré l’ex-maire Annette Peulvast-Bergeal. Moi aussi, j’ai entendu des bruits, mais je n’y croyais pas ! Je n’arrivais pas à croire qu’on puisse agir de cette façon-là, c’est vraiment une politique de gribouille. »

Le bâtiment voyageurs initialement prévu, dont le chantier doit s’achever au printemps, devait comprendre un espace billetterie pour trains et bus, et des locaux pour les agents de la SNCF. Du côté de la SNCF, la direction du projet Eole, surnom de l’extension à l’Ouest du RER E, indique que le bâtiment sera mis en service « avec les fonctionnalités prévues » au printemps 2018, et le restera « dans un premier temps ».

L’origine de ces différents réaménagements est une étude de l’architecte-urbaniste Nicolas Michelin sur la seconde partie du quartier, autour de la gare, lancée en mars dernier. Elle réunit la SNCF, la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise, l’Etablissement public du Mantois Seine aval (Epamsa) et Île-de-France mobilités (ex-Stif). Les propositions de l’urbaniste sont encore en cours de discussions par GPSEO et Île-de-France mobilités, organisme satellite du conseil régional.

Groupe scolaire : trois emplacements envisagés

Chassé de Mantes université, où sera situé le prochain groupe scolaire mantevillois ? Des trois endroits envisagés par la municipalité, un seul a été communiqué par le maire FN.

Le prochain groupe scolaire de la commune, dont toutes les écoles débordent d’écoliers, ne sera finalement pas dans le nouveau quartier Mantes université. « Un certain nombre de choses ont bougé très fortement, ce qui explique et justifie la non-rétrocession » de la parcelle prévue initialement, a rapporté le maire Cyril Nauth (FN) le 20 décembre.

Au conseil municipal du 18 octobre dernier, il communiquait la première hypothèse de secours retenue, s’attirant aussitôt les foudres des trois groupes d’opposition. Celle-ci prévoyait en effet la construction du groupe scolaire boulevard Roger Salengro, sur une parcelle municipale où se situe aujourd’hui la salle de prière historique des musulmans de la commune. « Deux autres études sont en cours de réalisation », ajoutait l’édile FN.

Au dernier conseil, il a conservé le secret des deux emplacements supplémentaires envisagés. L’un est « une parcelle de 5 000 m² appartenant à la Ville », pour lequel « il n’y aurait pas de difficulté ». Mais il ne semble pas avoir sa faveur. Cyril Nauth souhaiterait plutôt construire sur un autre terrain, appartenant « à un propriétaire particulier qui est vendeur », et qu’il a rencontré début décembre.

Celui-ci aurait cependant déjà eu des propositions financières conséquentes de promoteurs privés. « Il est favorable à l’idée de céder à la Ville pour construire un groupe scolaire, mais il veut en tirer le maximum », a rapporté le maire. Une visite est prévue le 3 janvier par le service étatique des Domaines, qui évalue l’immobilier pour les organismes publics. Ces derniers doivent alors vendre ou acquérir selon l’évaluation tarifaire fournie, qui peut être minorée ou majorée de 10 % maximum.

« Vous n’expliquez rien alors que vous vous êtes engagés à tenir l’opposition au courant, convoquez les présidents de groupe comme vous l’avez déjà fait, a regretté au conseil municipal Eric Visintainer (LR). Pourquoi garder secret le second site qui appartient à la Ville ? » Question restée sans réponse de Cyril Nauth, sinon ce commentaire : « Je vous le dirai au moment où nous ferons le choix. […] Vous pouvez vous plaindre mais c’est totalement infondé. »