Le long de la RD 191, en rejoignant Epône à Nézel, les automobilistes aperçoivent au bord de la route une structure de verre remplie d’une multitude de plantes aux allures tropicales. Mais sous ses airs de serre, il s’agit de la station d’épuration des Prés foulon, qui traite les eaux usées des habitants des communes d’Aulnay-sur-Mauldre, Bazemont, La Falaise, Nézel et d’une petite partie d’Aubergenville. Vendredi 15 décembre, Eau France de Suez a ouvert les portes de cette installation à La Gazette pour une visite.

Lors de son ouverture en 2012, la station de Nézel était la deuxième en France de ce genre, et quelques autres ont suivi depuis. Mais le choix par les collectivités de ce type d’installation reste rare. Son principal avantage est en effet son aspect visuel, même si les plantes entrent également dans le processus de traitement de l’eau.

La contrepartie est que ses coûts d’investissements et de fonctionnements sont quant à eux légèrement supérieurs à une station d’épuration classique. Lors de l’inauguration de l’équipement courant 2013, le conseil départemental indiquait un montant d’investissement total de 3,5 millions d’euros. Toujours selon le conseil départemental, cela correspond à un « surcoût de 5 à 15 % comparativement à une station classique ».

« La demande de départ était qu’elle soit entièrement intégrée à l’environnement », soulignent les services Eau France de Suez, qui gèrent la station pour le compte de la communauté urbaine. « C’est la vitrine d’entrée dans le village, complète à propos de ce besoin, Philippe Chemillier, responsable agence assainissement Eau France de Suez dans les Yvelines. Le principe de traitement est assez similaire à celui d’une structure habituelle, mais l’impact visuel est moindre. »

Sous la serre, les racines des végétaux plongent dans deux bassins d’eaux à traiter, sur lesquelles se fixent les bactéries qui absorbent la pollution.

Dans la pratique, les eaux usées rejoignent la station d’épuration sous l’effet de la gravité. A leur arrivée, un premier grillage permet de « retenir les déchets de plus de
5 mm », détaille ce dernier. Une seconde étape sépare le sable et l’huile de l’eau : dans un « dessableur/déshuileur », les sables se déposent par leur propre poids dans le fond, tandis que les graisses et les huiles se mettent à flotter par injection d’air.

L’avant-dernière phase scinde l’eau de la boue à l’aide d’une centrifugeuse. Les boues issues du traitement, « composées essentiellement d’azote », constituent « un sous-produit » qui connaît une seconde vie, souligne Philippe Chemillier : « Elles sont valorisées au travers du compostage. » La dernière étape du processus de traitement de l’eau est celle où les plantes de la serre entrent en jeu.

Leur seule utilité n’est en effet pas seulement visuelle. Sous la serre, donc non visibles, les racines des végétaux sont plongées dans deux bassins d’eaux à traiter. Sur ces racines, qui constituent un habitat permettant le développement de la biodiversité, « les bactéries vont se fixer et vont manger les pollutions de l’eau », explique le responsable agence assainissement.

Une fois ces étapes passées (d’autres étapes techniques intermédiaires constituent également le processus, Ndlr), les eaux traitées rejoignent la Mauldre, le cours d’eau situé à quelques centaines de mètres derrière l’installation. « La qualité des eaux rejetées est encadrée par un arrêté préfectoral qui définit les exigences. Tout ça est très suivi », commente Philippe Chemillier en évoquant la multitude de contrôles qui jalonnent le processus.

« La station d’épuration permet de recréer en quelques heures ou jours, ce que la nature mettrait plus de temps à faire », résume Dimitri Riaboff, l’agent d’exploitation en charge du bon fonctionnement de l’installation au quotidien, de l’ensemble du processus. Dans la serre, plusieurs espèces végétales cohabitent, dont certaines peuvent atteindre plusieurs mètres de haut et nécessitent donc d’être taillées quelques fois par an. L’on retrouve par exemple des palmiers, oiseaux du paradis, des daturas, etc.

« Les espèces ont été définies au moment de la construction, et quand on les remplace, c’est à l’identique », apprend Philippe Chemillier. Parfois, quelques surprises peuvent apparaître. « On a des tomates, les graines sont venues naturellement par l’eau », raconte Dimitri Riaboff, ajoutant dans un sourire qu’elles ne sont bien évidemment pas comestibles.