Soldats de France : le statut existe depuis 1976, il permet d’intégrer aux associations d’anciens combattants de nouveaux membres n’ayant jamais fait l’armée. Il est aujourd’hui de plus en plus utilisé par les Unions nationales de combattants (UNC) : faute de conflits armés de grande envergure, elles perdent chaque année bien plus d’adhérents qu’elles n’en gagnent, à l’instar de celle de Hardricourt et de sa quarantaine de membres. Le 16 septembre dernier, les UNC de bien des communes de vallée de Seine étaient ainsi réunies dans le village de la rive droite, pour célébrer la création d’une section Soldats de France, et la remise du drapeau de celle-ci, à l’UNC de Hardricourt.

« On est conscient de la nécessité de créer la relève, explique Jean Bedin, son président. Pour eux, aucun avantage, pas de carte de combattant, simplement dans leur coeur une certaine fibre patriotique et du devoir de mémoire. » En effet, ces anciens pompiers, policiers, gendarmes, secouristes ou élus, éligibles à ce statut, ne bénéficient pas des avantages des anciens combattants, historiquement soumis à l’adhésion à une association reconnue. Leur adhésion leur offre surtout le devoir de participer à leur tour au souvenir des soldats. « Je sais tout ce que vous faites », a d’ailleurs remercié Yann Scotte (DVD) maire d’Hardricourt.

« Il y avait des 39-45, des Indochine, et la génération Algérie qui a grossi les rangs, après, plus personne n’était compté comme ancien combattant », se rappelle le président de l’UNC de Hardricourt.

L’édile hardricourtois a évoqué leur présence auprès des écoliers, l’entretien des monuments aux morts et leur participation aux cérémonies. « Vous transmettez le flambeau de la mémoire, du courage, de la lutte jusqu’au sacrifice ultime. Si nous vivons dans la patrie des droits de l’homme, de la démocratie, de la liberté, nous le devons à ceux qui sont allés jusqu’à mourir, a-t-il poursuivi avec lyrisme. Tous sont morts pour la grandeur de la France et méritent notre reconnaissance éternelle. »

Mais, chaque année, « les rangs s’éclaircissent avec l’âge », reconnaît Yann Scotte. Le département compte encore environ 5 000 adhérents au sein des associations d’anciens combattants. « On était plus nombreux, bien sûr, il y a quelques années, c’est une vraie inquiétude, reconnaît André Marin, 82 ans, délégué départemental de l’UNC des Yvelines. La fusion [des sections] est une voie, il faut en trouver d’autres. »

La situation varie néanmoins fortement selon les communes : alors que l’UNC des Mureaux a aujourd’hui quasiment disparu, celle d’Aubergenville, qu’il préside, compte encore 92 membres dont « déjà une bonne quinzaine de Soldats de France ». A Hardricourt, un tiers de la quarantaine de membres de l’UNC sont aujourd’hui Soldats de France.

Le département compte encore environ 5 000 adhérents aux associations d’anciens combattants.

« Quand j’ai pris la section, il y avait des 39-45, des Indochine, et la génération Algérie qui a grossi les rangs, après, plus personne n’était compté comme ancien combattant, rappelle le président depuis 17 ans de l’UNC de Hardricourt. Il faut penser au devoir de mémoire qui nous incombe, se rappeler de tous ces événements monstrueux qui sont arrivés. Il faut tourner la page mais pas oublier. »

Si « les Soldats de France n’ont pas combattu », rappelle le délégué départemental André Marin, soit « ils ont fait le service militaire », soit « ils ont oeuvré pour la liberté et au maintien de la paix », à l’instar des policiers, pompiers, gendarmes, secouristes et même élus. « Tous ces gens sont dignes de pouvoir porter ces couleurs de Soldats de France », commente Jean Bedin.

« Mais c’est très difficile de les faire venir », note André Marin dont la section d’Aubergenville propose ce statut depuis déjà plusieurs années. Sans compter que l’intégration des nouveaux venus n’est pas toujours évidente : « Ce n’est pas le même état d’esprit entre celui qui a fait les combats et celui qui n’en a pas fait, on essaie de les incorporer sur la fibre patriotique. »