Autour du parc de l’hôtel de ville de Flins-sur-Seine, le chantier bat son plein pour que les 23 logements, sous forme de maisons mitoyennes de plain-pied, puissent ouvrir comme prévu en août 2018. Cette résidence senior publique, moins chère qu’une maison de retraite médicalisée, verra le jour sans que l’investissement de près de trois millions d’euros ne coûte rien aux six communes* rassemblées au sein d’une association de gestion.

La mairie de Flins-sur-Seine a tout de même cédé gratuitement un terrain de 6 000 m², tandis que la Mutuelle sociale agricole (MSA) apporte 50 000 euros et son expertise pour la création de cette Maison d’accueil et de résidence pour l’autonomie (Marpa). Mais c’est bien la Soval, bailleur social mantais, qui prend à sa charge la quasi-totalité de l’investissement. Il louera ensuite les bâtiments contre un loyer payé par l’association de gestion.

« Il y a douze ans qu’on a commencé ce projet, un paquet de ceux qui voulaient venir, malheureusement, n’y seront pas…, note de la genèse de cette Marpa intercommunale Pascal Chavigny (SE), maire de Flins-sur-Seine et président de l’association de gestion. Les gens voudraient rester dans leur village, mais pour une Marpa, on doit avoir suffisamment de plus de 65 ans, donc on a été obligés de s’associer à plusieurs villages. »

Selon la présentation faite devant une trentaine de personnes âgées, le 7 décembre à Bazemont, il faudra compter 1 400 euros pour louer l’un des 22 studios, comprenant eau, chauffage, téléassistance, accompagnement et animations. Pour l’intégralité des prestations, comme le ménage et la restauration, il faudra débourser environ 300 euros de plus. « Une maison de retraite, c’est 3 000 euros », répondait alors l’une des présentes à une participante s’inquiétant de ce tarif jugé élevé.

« On est dans une zone où les salaires sont très bas, les retraites aussi, détaille Pascal Chavigny du choix de la Marpa. Quand on se retrouve tout seul, on vit souvent en marge de tout, pas d’amis, de contacts, on se nourrit mal, on tombe. Là, on peut faire tout ce qu’on veut en étant débarrassé des contraintes du quotidien, ça permet de pouvoir passer plus de temps à s’occuper de soi, et pendant 10, 15 ou 20 ans, de pouvoir continuer à vivre avec tous. »

Selon la présentation faite le 7 décembre à Bazemont, il faudra compter 1 400 euros pour louer l’un des 22 studios, comprenant eau, chauffage, téléassistance, accompagnement et animations.

Le niveau d’assistance médicale est inférieur à celui d’une maison de retraite traditionnelle, par contre, quatre à cinq animateurs seraient présents en journée pour proposer des loisirs. « C’est destiné à des gens capables de se déplacer normalement, qui sont autonomes, mais qui pourraient avoir besoin d’un petit coup de pouce pour mieux vieillir », a précisé à Bazemont Sandrine Barker, responsable de l’action sociale et sanitaire de la MSA Île-de-France dans les Yvelines.

« Ca m’a beaucoup intéressé », commente Micheline après la réunion. « Je suis en maison depuis trois générations, ça devient grand et difficile, poursuit-t-elle, qui habite entre Bazemont et Aubergenville. Mais je ne veux pas d’une maison de retraite, le prix est trop élevé, et je me sens encore valide, curieuse des choses qui peuvent se trouver à l’extérieur. » Elle ne s’est pas inscrite le jour de la réunion, et souhaite réfléchir : « C’est un tournant de la vie important quand même ! »

A 88 ans, Paul, ancien épicier de Flins-sur-Seine, président du club de pétanque et figure du village, attend de son côté l’emménagement avec impatience. « Je suis le premier inscrit, je veux rester avec toute mon équipe », jette-t-il avec un pétillement de joie dans les yeux. C’était jusque-là impossible, la commune ne comptant aucune maison de retraite. Le 7 décembre, les villages cherchaient encore des locataires, chaque commune ayant une part réservée au prorata de sa population.

Mais les seniors intéressés qui n’habitent pas dans un de ces six villages seront inscrits sur liste d’attente, et contactés s’il manque des locataires à l’ouverture. « L’objectif est que la Marpa soit le plus rapidement complète », a indiqué Sandrine Huser, conseillère municipale à Bazemont. En effet, les loyers individuels ont été calculés en fonction de celui qui sera dû chaque mois à la Soval, et pour une Marpa pleine. Un logement-témoin doit par ailleurs être visitable dans quelques semaines.

* Les six communes partenaires du projet sont Flins-sur-Seine, Aulnay-sur-Mauldre, Bazemont, Bouafle, La Falaise et Nézel.