« On se retrouve avec 25 jours de congés, pire que chez Renault ! », commente Catherine Hoc-Sing, secrétaire de la CGT des communaux de Mantes-la-Ville, du nouveau protocole d’aménagement et de réduction du temps de travail, voté le 20 décembre en conseil municipal par toute la majorité FN, sauf une abstention. Malgré des débrayages, malgré une consultation des 325 agents municipaux, c’est donc la proposition initiale de transformer les congés en RTT qui a été retenue (favorisée par les cadres de mairie, Ndlr), soulevant l’indignation des groupes d’opposition.

Pour la CGT, le passage des 11 jours de congés supplémentaires en 11 jours de RTT, qui pourraient être remis en cause en cas d’évolution législative, la défaite est sévère. Ses représentants ont semblé bien seuls au conseil municipal. Le maire Cyril Nauth (FN), lui, a justifié cette volte-face par des échanges avec la préfecture, citant un courriel reçu quelques jours plus tôt : « Tout agent qui dépasse la durée légale du travail a droit à des jours supplémentaires nommés jours RTT […] Cette règle a valeur absolue et a vocation à s’appliquer dans les collectivités. »

D’après l’édile frontiste, « cette réponse est claire, limpide, nette et sans appel ». Il assure avoir voulu respecter le choix d’une majorité de fonctionnaires, comme son adjointe au personnel, Monique Fuhrer-Moguerou (FN) : « J’aurais préféré que le contrôle de légalité (de la préfecture, Ndlr) nous dise que les agents pouvaient conserver ce qu’ils avaient précédemment. » L’opposition ne l’a cependant pas entendu de cette oreille, demandant et obtenant un vote à bulletins secrets.

L’opposition a demandé et obtenu un vote à bulletins secrets. Mais la majorité FN a tout de même voté le nouveau protocole autour du temps de travail, même si un conseiller frontiste s’est abstenu.

« Nous assistons à un coup de force de certains élus de la majorité encouragés en ce sens par certains cadres de vos services. La démocratie est aussi bafouée, car le résultat de la consultation organisée montre bien l’attachement du personnel à ses 36 jours de congés annuels, a ainsi regretté Serge Gaspalou, du groupe de l’ancienne maire Monique Brochot (PS). Devant un tel désastre social annoncé, nous ne pouvons que voter contre la délibération et proposer un vote à bulletins secrets. »

Le FN s’est-il aliéné le personnel municipal à deux ans des élections municipales ? « Dans ce genre de problèmes, il faut négocier pour sortir gagnant-gagnant, et nous sortons perdant-perdant, a en effet averti Annette Peulvast, la prédécésseure de Monique Brochot. Une collectivité territoriale ne fonctionne bien que lorsqu’il y a un pacte de confiance entre le personnel et le maire, mais elle est friable, elle s’évapore, et là, elle est vraiment très émiettée. Vous risquez d’avoir, pour les deux ans qu’il vous reste, des difficultés avec le personnel territorial de Mantes-la-Ville… »