La Gazette le révélait dans son édition du 30 août dernier. D’ici quelques mois, les neufs blocs de douches que comptent les trois ailes de la maison centrale de Poissy seront en travaux. En novembre dernier, le ministère de la justice, par le biais de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris, a lancé un appel d’offres concernant « des mesures d’urgences » pour la rénovation des douches.

Dans le même temps, un appel d’offres concernant « la remise à niveau opérationnelle et l’extension du système de vidéoprotection », a été passé. Deux mesures qui devraient permettre d’améliorer le quotidien des plus de 240 détenus de la prison.

Les travaux concernant les 50 douches seraient ainsi dus, en grande partie, « au mauvais fonctionnement actuel des installations hygiéniques existantes », précise l’appel d’offres. Ce mauvais fonctionnement entraînerait ainsi de « mauvaises conditions hygiéniques de l’air » et « des dégradations avancées des revêtements muraux ». Quelques pages plus loin, l’administration fait également état de « joints de dilatation détériorés et plus étanches ».

La particularité de ces travaux ? Ils se réaliseront « en milieu occupé » au sein de la maison centrale, condamnant parfois l’accès à certains blocs de douches. Ces condamnations « feront l’objet d’un planning précis » et devront être « limitées au maximum », insiste le ministère de la justice.

Difficile toutefois de trouver ce qui justifie le caractère urgent de ces travaux. « Leur état n’a jamais été soulevé par les détenus, explique une bénévole intervenant auprès d’eux. Je n’en ai jamais entendu parler et pourtant, quand ils ont des choses à dire, ils n’hésitent pas. »

Dans les grandes lignes, les travaux consisteront en « la dépose et la fourniture d’équipements de ventilation neufs (…) la reprise des joints de dilatation » mais aussi la « création de siphons de sols, résistants aux chocs, équipés d’un système de verrouillage anti-vandalisme ».

Mais la rénovation des douches ne sera pas le seul chantier que connaîtra la maison centrale en 2018. Dans un second appel d’offres, « dans le cadre de la sécurisation de la maison centrale », la direction interrégionale des services pénitentiaires de Paris lance une consultation concernant « la remise à niveau » des systèmes existants, comprenant 90 caméras.

La consultation prévoit également l’extension « du système de vidéoprotection », avec une tranche ferme et deux optionnelles. La tranche ferme rajouterait ainsi 95 nouvelles caméras, la première tranche optionnelle 28 et la dernière 22. Douze semaines de travaux seront à prévoir pour la tranche ferme et quatre semaines par tranche optionnelle. Les enregistrements seront conservés pour une durée maximale de 30 jours, avec suppression à la fin de cette période. Contacté, le ministère de la justice n’a pu répondre dans les délais impartis à publication.

Des détenus « satisfaits » de la dératisation

En novembre 2016, plusieurs témoignages de détenus collectés par l’Observatoire international des prisons faisaient état de la « prolifération des rats » au sein de la maison centrale. Depuis le mois d’avril dernier, des mesures ont été prises par l’Agence régionale de santé (ARS) et l’administration pénitentiaire afin de lutter contre les rongeurs.

L’ARS évoquait une « pose massive d’appâts et de pièges » et une opération de sensibilisation auprès des détenus. Opération qui semble avoir marché pour cette bénévole : « Ils sont satisfaits, ils disent qu’ils en voient moins. L’administration a essayé de leur faire comprendre qu’ils étaient eux aussi responsables quand ils lancent leurs restes. »