« Je suis arrivée un vendredi matin et ça a été la goutte d’eau. C’était vraiment plus sale que d’habitude », peste Lisa Robasse, pharmacien du centre commercial des Charvaux, de ce qui a été l’élément déclencheur de son coup de gueule. Au début du mois de décembre, elle a installé devant sa pharmacie, des panneaux en carton dénonçant, photos à l’appui, les incivilités de certains jeunes, mais aussi le manque de sécurité et d’attractivité du centre commercial.

Le problème ne date pas d’hier, dans le quartier situé le long de la route départementale 55. Si la municipalité regrette que la galerie soit privée, elle tente toutefois d’agir à son niveau, notamment pour faire baisser le prix des loyers des cellules commerciales. Elle mène également une action auprès des jeunes avec la construction d’un city park.

Construit dans les années 1970, le centre commercial est calme en cet après-midi du 5 janvier. « En général, ils se regroupent vers 16 h 30 – 17 h », souligne le pharmacien. Une présence qui selon elle « décourage les personnes âgées » de venir jusqu’au centre commercial. « Parfois je les vois à 3 h du matin quand je suis de garde, poursuit-elle. Ce n’est pas forcément rassurant pour un client. »

Et de regretter « crachats, insultes entre eux et bouteilles brisées », qu’elle retrouve parfois sur le parking. « Ils ne se rendent pas compte, regrette-t-elle. Mais quand on leur fait comprendre qu’ils gênent, ils se déplacent. » Malgré le passage de patrouilles de police régulières, « ils ne peuvent pas les verbaliser car ils ne font rien de répréhensible », explique-t-elle.

Partagées sur les réseaux sociaux, ses affiches ont fait grand bruit, entraînant la réponse de certains jeunes Andrésiens. « En même temps, il n’y a rien à faire à Andrésy, pour ceux d’une certaine tranche d’âge, alors ils traînent là où il y a de la vie », interpelle un jeune internaute. Et de rappeler que « le seul projet mis en place pour eux depuis la nuit des temps c’est le chantier en cours aux Charvaux ».

Ce chantier (pour y construire un city-park et un plateau de street workout, Ndlr) devrait s’achever « courant 2018 », souligne le premier magistrat andrésien Hugues Ribault (LR). Il estime que la municipalité « apporte une réponse » aux jeunes et espère qu’ils vont « jouer le jeu ». L’édile pousuit : « Nous avons rencontré les jeunes de 15-20 ans une fin de journée et soirée, ils ont besoin de locaux fermés. Nous allons dégager une salle à Louise Weiss (le gymnase, Ndlr), pour qu’ils puissent regarder la télé, jouer à la console. »

Concernant l’insécurité du centre commercial, « cela fait dix ans que je demande aux propriétaires de fermer le centre la nuit, insiste-t-il. Mais les gens ont peur de porter plainte. » Pour Lisa Robasse, en revanche il existe, « un vrai problème de rénovation du centre commercial » et ses cellules vides ne sont pas très engageantes.

« Nous avons contacté les propriétaires pour leur dire qu’ils étaient trop chers, avance Hugues Ribault. Nous avons aussi voté récemment une procédure pour augmenter la taxe foncière des locaux qui ne sont pas loués depuis plus de deux ans pour faire baisser les prix. » Dans le petit centre commercial, « deux locaux sont concernés directement ». Et de souligner que désormais, « la police municipale intervient sur le parking du centre ».

La municipalité a également rencontré le bailleur social 3F et le syndicat de copropriété de la résidence située au dessus de la galerie. Hugues Ribault se montre plutôt optimiste : « Le bailleur va engager des travaux aux Valois, il va refaire le parking souterrain et augmenter le nombre de places. Ils vont faire ce qu’il faut. »