En projet depuis de nombreuses années, le projet de « redynamisation » du centre-ville avance doucement mais sûrement. Autour de la place du Temple qui serait réaménagée, l’objectif est de réorganiser l’offre commerciale notamment avec un supermarché agrandi qui en serait la « locomotive », de créer environ 340 logements, et de requalifier les quatre rues attenantes.

Lors du conseil municipal de décembre, ce sujet est revenu sur la table avec la signature d’un nouveau protocole entre la Ville, l’Établissement public foncier d’Île-de-France (Epfif) et l’aménageur public Citallios. Les élus de l’opposition n’ont pas manqué de faire part de leurs interrogations sur l’emplacement choisi de ce projet, et de remettre en question le nombre de logements prévus.

Alors que les acquisitions foncières par l’Epfif sont toujours en cours, des négociations se déroulent encore avec certains propriétaires. Le budget de la « redynamisation » de ce centre-ville est estimé à « plus de 13 millions d’euros », avec des participations du Département, de la communauté urbaine et de la Ville.

« L’idée de rénover un centre-ville qui n’a pas fait l’objet d’une réhabilitation depuis maintenant plus de 40 ans, avance Djamel Nedjar (DVG), adjoint à l’aménagement du territoire. Le centre-ville vieillit, avec des commerces qui souffrent. Pour nous, c’est important d’avoir un niveau d’attractivité important du centre-ville, qui permettrait de faire rayonner davantage Limay. »

« On a fait un diagnostic [et] on est arrivé à la conclusion suivante : il fallait faire de la rénovation d’espaces publics, et aussi faire en sorte d’apporter un peu plus d’intensité urbaine, c’est à dire construire du logement, faire venir de nouveaux consommateurs, car une ville qui ne construit pas de logements est une ville qui perd de sa population », ajoute-t-il.

Dans ce centre-ville repensé, le projet prévoit donc la création d’environ 340 logements. Mais Djamel Nedjar se veut rassurant en détaillant les principes retenus par la municipalité. « On ne veut pas faire des bâtiments plus hauts que la hauteur des bâtiments existants », souligne-t-il. L’autre principe concerne la volonté « de mixité sociale » de la municipalité : « Comme dans tous les nouveaux programmes sur Limay, on ne veut pas plus de 30 % de logements sociaux ».

Certains élus d’opposition ont pointé la concentration de logements prévus au même endroit. « C’est trop », juge Jacques Saint-Amaux (PCF), l’ancien maire de la commune. Lors du conseil municipal de décembre, Pierre-Yves Challande (DVD), de la liste d’opposition Agir pour Limay, a, lui, estimé que « ce projet n’est pas celui d’une redynamisation du centre-ville mais d’une densification urbaine ».

Djamel Nedjar justifie ce nombre de logements à construire par le besoin « d’éviter que la population décroisse ». Et précise : « On n’a pas 36 000 projets sur la ville, le projet du centre-ville, c’est le projet phare avec le projet gare (où une centaine de logements doivent voir le jour, Ndlr). Nous ne sommes pas en train de faire de l’étalement urbain, à construire sur des champs, nous on est plutôt à reconstruire la ville sur la ville. »

Dans ce centre-ville repensé, le projet prévoit la création d’environ 340 logements.

L’offre commerciale devrait également être étoffée avec au minimum trois cellules commerciales annoncées. « On a fait le constat qu’il fallait mettre en place une locomotive commerciale, note Djamel Nedjar. On a une supérette de quartier (le Franprix, Ndlr), mais qui n’est pas à la hauteur des besoins d’une population de centre-ville. » L’adjoint annonce donc l’objectif de « pratiquement doubler la superficie du Franprix ».

Ce projet prévoit également un réaménagement complet de la place du Temple, sur laquelle pourrait être relocalisé le marché. « On veut créer une vraie place urbaine, une place de rencontres, où on réaffirme la centralité à travers l’espace public », détaille l’élu, annonçant vouloir y « réduire la place de la voiture au profit du piéton ». Les rues voisines de la place seront quant à elles requalifiées.

Jacques Saint-Amaux estime que déplacer le marché « le rapproche de celui de Mantes-la-Jolie, et les deux ne peuvent pas cohabiter ». Djamel Nedjar se montre catégorique sur l’emplacement choisi pour ce projet : « Je ne vais pas prendre le risque de recréer un centre-ville ailleurs, comme la place du Marché comme certains le voudraient, qui concurrencerait les commerces existants du centre-ville. »

Dans les cartons depuis près de dix ans, le projet en est actuellement à la phase d’études et d’acquisitions foncières nécessaires. « On espère commencer les travaux, si on a la maîtrise foncière, dès 2020, souhaite Djamel Nedjar, qui précise que l’opération sera divisée en tranches pour être bouclée en 2027. Ça fait dix ans qu’on discute, il faut passer dans une phase plus active. »

« On va prendre la décision de faire une Déclaration d’utilité publique (DUP), on soumettra cette proposition au conseil municipal, apprend l’adjoint à l’aménagement du territoire. On va se donner les moyens d’accélérer les discussions avec les propriétaires. »

Une DUP, procédure administrative qui doit passer par la préfecture, permet l’expropriation. « A un moment donné, si les propriétaires veulent aller jusqu’au bout, on ira jusqu’au bout, confirme Djamel Nedjar. Mais on va essayer d’éviter, […] l’objectif est d’aller plus vite que le temps qu’on a perdu. »