Depuis le mois de novembre, un nouvel outil se déploie dans les brigades de gendarmerie yvelinoises, à l’instar de celles de Septeuil et Guerville. Neogend, c’est son nom, est un logiciel qui permet de regrouper dans un smartphone tous les outils nécessaires au quotidien des militaires et surtout de leur assurer une plus grande autonomie. « C’est l’outil qu’on attendait », sourit le maréchal des logis-chef de la communauté de brigade de Guerville, Virginie Poitevin.

« Avant nous avions un téléphone de service, détaille-t-elle. Les réseaux étaient reliés à la brigade, il fallait appeler la brigade, transmettre les informations pour les faire ensuite remonter. » Une procédure longue et compliquée d’autant qu’il existe le risque « que l’information soit déformée ou mal comprise », poursuit la militaire.

L’arrivée du logiciel, développé par des gendarmes spécialisés, permet ainsi d’avoir « un terminal dans la poche », avec des applications spécialisées selon les unités et fonction. Officier de police judiciaire, Virginie Poitevin a pu remplacer son carnet de notes et ses stylos par l’application GendNotes.

Une fois connectée, Virginie Poitevin a notamment accès à une base de données nationales. Grâce à son téléphone, elle peut scanner une pièce d’identité et vérifier que la personne contrôlée n’est pas mise en cause et recherchée dans une autre affaire. « Pour l’instant il n’y a pas encore d’outil sur la fraude documentaire », explique le maréchal des logis-chef.

L’application permet également d’avoir un rappel des procédures et d’en suivre les différentes étapes. « Il y a une sorte de check-list, détaille Virginie Poitevin. Lors d’un placement en garde à vue, on peut cocher les différentes étapes, notamment la notification des droits. » L’application permet ensuite d’envoyer un message directement à la hiérarchie et au procureur de la République.

« C’est vraiment une plus-value, insiste-t-elle. Avant on notait tout sur le carnet, on téléphonait à la brigade qui s’occupait de transmettre. Là c’est en instantané, on gagne du temps. » Un gain de temps qui se retrouve également lors des perquisitions. « Nous avons une base de données commune avec la police nationale qui répertorie les objets volés, explique Virginie Poitevin. Et avec le Cloud, on peut partager des photos. »

Mais Neogend simplifie également la verbalisation lors des contrôles routiers par exemple. « Jusqu’en 2011, il y avait 3 carnets de timbres amendes différents selon les infractions, se rappelle Virginie Poitevin. Mais c’était un système chronophage, il pouvait y avoir des erreurs. »

Si l’arrivée quelques années plus tard d’un boîtier électronique et du procès-verbal électronique permettront de régler quelques problèmes, l’organisation reste compliquée. « Il y avait un boîtier par brigade ce n’était pas pratique », souligne la militaire. Aujourd’hui « tout est incrémenté pour l’identité, c’est beaucoup plus rapide et cela permet une autonomie pour chaque patrouille ».

En parallèle, le logiciel regroupe des applications que l’on retrouve dans chaque smartphone, comme l’annuaire, l’intranet ou la cartographie. Cette dernière est désormais développée par la gendarmerie, évitant ainsi de payer des droits aux entreprises dédiées.

Cartographie qui trouve son utilité, par exemple, dans le cadre de l’opération tranquillité vacances. « L’application nous géolocalise poursuit Virginie Poitevin. Elle nous indique les logements à proximité. » Un code couleur permet de déterminer depuis combien de temps la maison n’a pas été vérifiée et permet, une fois la surveillance effectuée, d’actualiser la carte.

Enfin, la messagerie permet désormais « d’avoir un accès en permanence à l’information, dans notre secteur mais aussi dans le département », souligne Virginie Poitevin, permettant notamment de coordonner l’envoi de patrouille en intervention et de « retirer les limites du territoire ».