Depuis le printemps 2017, la mosaïste vauxoise Sandrina Van Geel investit une salle de l’espace quartier des Bosquets, à proximité de l’avenue du maréchal Foch. Deux mercredis par mois, elle propose aux volontaires de venir réaliser une fresque murale en mosaïque représentant un arbre de quatre mètres carrés, dans le cadre de sa participation au collectif Art in the Jungle (voir encadré), lancé à Calais (Nord). La fresque devrait être bientôt accrochée dans le centre-ville des Mureaux.

Au départ, les ateliers étaient surtout destinés aux réfugiés logés au foyer Adoma Jean Mermoz, mais ses portes se sont progressivement ouvertes à différentes associations, dont l’objectif est le même : utiliser l’art pour rompre l’isolement et « créer du lien ». L’artiste mène également un projet similaire à Evecquemont, encadré par le centre communal d’action sociale.

Ce mercredi 24 janvier, à 14 h, ils ne sont pour l’instant que deux à venir tenir compagnie à Sandrina Van Geel. Medhi, 19 ans, est présent grâce à l’Association parents élèves inadaptés. Assidu, le jeune homme n’a manqué aucune séance. S’il n’hésite pas à raconter ses journées et sa vie de famille, il n’en demeure pas moins concentré sur son travail.

« La mosaïque demande une grande concentration, explique Sandrina Van Geel. On ne peut pas mettre des tesselles n’importe où. Lorsqu’on commence, on est dans sa bulle. » C’est cette notion de concentration qui a intéressé les animateurs du dispositif de réussite éducative de la Ville puisque quatre jeunes de moins de 16 ans, hyperactifs, assistent à la séance aujourd’hui.

« Ils ne connaissaient pas, détaille Youssouf, éducateur. Ils n’ont pas arrêté de poser des questions durant le trajet pour savoir ce qu’ils allaient faire. » Batché, lui, avait déjà pratiqué « avec des gommettes. » Il est un peu déçu, l’adolescent espérait pouvoir ramener la feuille chez lui. « J’habite à côté, je vais revenir », promet-il en construisant sa feuille. « Tu ne mets plus de bleu maintenant », lui lance la mosaïste.

Le dispositif était au départ uniquement ouvert aux réfugiés. L’artiste reconnaît cependant qu’il est difficile de les faire venir : « Si les intervenants sociaux ne vont pas les chercher, ils ne s’y rendent pas. On a mis des affiches, mais cela ne marche pas. » Elle est en revanche satisfaite de la participation générale, où entre « cinq et dix personnes » assistent aux séances.

En parallèle, l’artiste mène un autre projet à Evecquemont, encadré par le centre communal d’action sociale et le Département. Avec les seniors d’Evecquemont, de Tessancourt-sur-Aubette et de Meulan-en-Yvelines, elle décore les bancs de la commune de motifs représentant les espèces protégées du parc naturel régional du Vexin. « Tous les vendredis, nous nous retrouvons dans la salle communale, détaille Sandrina Van Geel. C’est quelque chose d’exceptionnel, tous sont motivés et très contents de la faire. » Une démarche qui permet aux personnes âgées de se retrouver et ainsi « rompre la solitude du quotidien ».

De l’art pour les migrants et les réfugiés

Sandrina Van Geel a lancé son projet de fresque murale en répondant à une annonce de la peintre Corinne Pagny, engagée auprès des migrants de Calais (Nord) dans un collectif, Art in the jungle. « L’idée est de créer/planter des arbres ‘’artistiques’’ : ces arbres auront fonction d’arbre de la fraternité, arbre à palabres… », détaille son appel. Aux Mureaux, le projet a reçu l’aide du Secours populaire pour l’achat des premiers matériaux.