L’opération, sous couvert d’un témoignage anonyme, avait mobilisé le personnel de la Direction départementale de protection des populations (DDPP), une équipe de la Fondation Brigitte Bardot et les policiers du commissariat mantais. Mardi 19 décembre, plus de 91 animaux avaient été saisis dans ce deux-pièces du centre-ville. Les propriétaires, deux femmes d’une soixantaine et d’une trentaine d’années, ont déposé jeudi 8 février « un recours en annulation devant le tribunal administratif de Versailles », explique leur avocat, Maître Karim Bouzalgha, dans un courrier envoyé à La Gazette.

Ses clientes « sont passionnées par les animaux domestiques », poursuit-il. Elles ont « toujours fait le maximum pour leur assurer de bonnes conditions de vie, sur le plan matériel, affectif et médical ». Les deux femmes peuvent également justifier d’un suivi médical « auprès d’un vétérinaire » ainsi que de « plusieurs factures d’achats de matériel et de nourriture adaptée ».

Leurs « conditions de vie modestes », elles les partagent avec leurs animaux. Lors de l’intervention, une source proche du dossier avait qualifié le logement de « plus qu’insalubre, sans eau, ni chauffage ». Selon l’avocat, les propriétaires se seraient laissées surprendre par l’augmentation du nombre de leurs animaux « en raison de plusieurs portées intervenues au cours d’une période récente ». En conséquence « le nombre d’animaux est passé rapidement d’une soixantaine à 91 animaux en décembre 2017 », ajoute-t-il.

« Choquées » par l’intervention, les propriétaires précisent qu’elles avaient reçu une première visite de la DDPP en « juin 2017 » et qu’elles s’appliquaient « à mettre en œuvre les mesures correctives » demandées par l’organisme. Elles attendaient également une seconde visite de la DDPP « prévue en octobre 2017 », mais n’ont eu « aucune nouvelle » avant l’intervention du 19 décembre.

En revanche, les propriétaires signalent à leur avocat qu’une « association serait venue anonymement » à leur domicile et en leur absence. Cette association aurait ensuite « fait un signalement non contradictoire à l’autorité judiciaire ». Contactée au moment de l’intervention, la Fondation Brigitte Bardot, détaillait : « Une bénévole du secteur avait pris contact avec la propriétaire avant de prévenir les forces de l’ordre. Mais elles étaient déjà au courant de la situation. »