« Il y a déjà quelques milliers de pages très passionnantes ! » Présidente de l’association AVL3C-Vexin zone 109, Dominique Pelegrin ne perd pas son humour. Les plus actifs des membres de cette association opposée à l’ouverture d’une carrière de calcaire à Brueil-en-Vexin, tout occupés qu’ils sont à éplucher cette première enquête publique, n’étaient que quelques-uns pour accueillir les élus devant la salle des fêtes de Gargenville la semaine dernière, à l’occasion du conseil communautaire.

Lancée lundi 5 février, cette enquête publique se tient jusqu’au lundi 12 mars, et permet à n’importe qui de consulter les dossiers concernés comme de donner son avis. Si une seconde enquête portant directement sur le projet de carrière suivra cette année, cette première enquête publique s’attache à la mise en compatibilité des documents d’urbanisme des communes de Brueil-en-Vexin et de Guitrancourt avec la carrière.

Depuis bientôt trois décennies, le cimentier Calcia, filiale de Heidelberg cement, affirme son besoin de carrière calcaire, une fois celle de Guitrancourt épuisée, afin d’alimenter la cimenterie de Gargenville. Le projet, déclaré d’intérêt général par le préfet des Yvelines en 2015, utilise une centaine d’hectares en lisière de forêt. Les révisions des documents d’urbanisme sont portées par la préfecture, les deux conseils municipaux ayant refusé de le faire.

Pour l’instant, les avis rendus dans le cadre de cette enquête publique sont plutôt négatifs. Les exploitants agricoles, par l’intermédiaire de la chambre d’agriculture, s’y opposent toujours et indiquent que « des désaccords existent » encore quant à « la compensation collective agricole ». Le Parc naturel régional du Vexin (PNRV) estime que la révision du document d’urbanisme de Brueil-en-Vexin « ouvre un droit exceptionnel et exorbitant » au futur exploitant.

La mission régionale de l’autorité environnementale (MRAE) comme le maire de Brueil-en-Vexin, Bruno Caffin (SE), déplorent, entre autres, que les modifications portent sur le projet révisé, alors que seul le projet initial avait été classé en Projet d’intérêt général (PIG) par le préfet. « Monsieur le maire s’interroge sur la cohérence de la démarche », rapporte le compte-rendu d’une réunion tenue le 1er décembre dernier en préfecture.

« Les amendements proposés dans la présente procédure […] ne modifient aucunement leur économie générale, répond le préfet des Yvelines Serge Morvan à la MRAE. Ils consistent à adapter à la marge quelques parties du règlement et à ajuster les plans de zonage avec le déclassement d’une faible surface d’espaces boisés classés. »

Quant à la révision du projet entre l’arrêté de PIG et ces révisions de documents d’urbanisme, la Direction départementale des territoires (DDT) l’a balayée lors de la réunion du 1er décembre, car elle avait « pour objectif de réduire l’impact environnemental du projet et de prendre en compte les remarques exprimées ». Surtout, le représentant de la DDT a invité les présents à attendre la seconde enquête publique « portant sur l’étude d’impact du projet » pour « porter une appréciation sur les aspects techniques ».