L’affaire pourrait bien se résoudre d’elle-même ce mercredi soir, par l’éjection définitive de l’exécutif de celle qui était adjointe aux affaires scolaires depuis 2014, Valérie Thomassen (que La Gazette n’est parvenue à joindre, Ndlr). Sa délégation lui a déjà été retirée par le maire Michel Pons en janvier, sans lien direct avec le profond conflit qui oppose depuis septembre dernier la future ex-adjointe à une majorité des agents des écoles élémentaires et maternelles de la commune.

« Les deux premières années se sont très bien passées, on ne la voyait pas plus que ça, ça passait par notre responsable », témoignent deux agents qui cumulent plus de trente ans de travail dans les écoles villennoises. Selon elles, l’atmosphère se serait brutalement dégradée à la dernière rentrée, Valérie Thomassen étant beaucoup plus présente : « Elle a commencé à vouloir s’occuper des Atsem et à s’en prendre à notre responsable. »

Rapidement, leur responsable est placée en arrêt maladie, et y est toujours aujourd’hui. Certains agents de service et Atsem auraient alors été, en octobre et en novembre, interrogées par leur adjointe afin de fournir des éléments constitutifs d’une faute de leurs ex-responsable : « Elle essayait de trouver la faille pour mettre notre cheffe en porte-à-faux. » Elles décrivent aussi un travail désorganisé par l’absence de celle-ci, et des mesures de rétorsion envers celles qui se taisent.

« Les deux premières années se sont très bien pasées, on ne la voyait pas plus que ça, ça passait par notre responsable », témoignent deux agents cumulant plus de trente ans de travail dans les écoles.

En janvier, après trois mois éprouvants selon elles, la situation se dégrade encore à la rentrée : « Elle nous dit qu’on n’avait pas le droit d’emmener les restes des repas chez nous, que c’était du vol. » Aux voeux du maire, elles en touchent un mot à Michel Pons. Peu après, il retire sa délégation à Valérie Thomassen… et 14 parents d’élèves signent une lettre ouverte critiquant son éviction tout en décrivant son action.

L’ex-adjointe aurait ainsi « dénoncé un détournement alimentaire par le personnel ». Encore aujourd’hui, les agents n’en reviennent pas : « On n’a jamais privé les enfants ! Prendre ce qui part à la poubelle a toujours été toléré par nos supérieurs. » Quatorze écrivent au maire, qui les reçoit. Quelques-unes vont porter plainte contre X pour diffamation, mais les policiers n’acceptent qu’une main courante (il est illégal de refuser une plainte, Ndlr). Alors, un courrier doit partir au procureur de la République pour enregistrer la plainte.

« Ca a dérapé », reconnaît du conflit Michel Pons, qui confirme qu’il « est permis au personnel de consommer ce qui serait jeté ». Selon lui, le retrait de la délégation à son adjointe n’a « pas de lien direct » ni avec l’affaire qui l’oppose aux agents communaux, ni avec le remaniement en cours de la majorité villennoise, pour lequel il doit composer avec chacune des trois listes de 2014. Ce retrait serait « dans l’intérêt de Villennes ». Selon nos informations, son remplaçant devrait être Pierre-François Degand (LREM), jusque-là président du groupe d’opposition.