Jusqu’au vendredi 17 février, le Collectif 12 présente au public, une rétrospective du projet Casamantes, débuté en 2013 entre jeunes du Val Fourré et ceux du quartier Hay Mohamady à Casablanca. Un projet qui par l’envoi de photos et des ateliers d’écriture vise à montrer que bien qu’éloignées, ces deux cités se ressemblent finalement en termes architecturaux.

« La construction des grands ensembles en France a débuté dans les années 1950, détaille Karima El Kharraze autrice et coordinatrice du projet. Mais ce que les gens ignorent, c’est que dans les années 1930, les premiers projets sont nés dans les colonies françaises. »

Ainsi, depuis cinq ans, un groupe d’une dizaine de jeunes volontaires de l’association Réussite éducative planche sur ce qui rassemble le Val Fourré et l’un de ces grands ensembles marocains, Hay Mohamady. A Mantes-la-Jolie, ils se sont rassemblés autour des photos envoyées lors d’ateliers d’écriture.

« L’idée c’était de leur faire découvrir les différents genres littéraires, poursuit Karima El Kharraze. Par exemple, à travers le portrait, ils devaient imaginer la vie d’une personne. » Après une première exposition en 2014, les jeunes Mantais se sont rendus à Casablanca en 2015, afin de rencontrer ceux dont ils ont découvert le quartier en photos.

Une initiative qui a particulièrement plu à Hakim, 16 ans aujourd’hui et 11 lors du lancement de Casamantes : « Aujourd’hui on est encore en contact, on a créé un groupe Facebook pour continuer à échanger. » Pour le jeune homme, l’objectif était « de valoriser le quartier, de montrer ce qu’il y avait avant ».

En participant à ce projet, Hakim a eu un « déclic » pour la photographie et aussi développé « un intérêt pour l’architecture et les bâtiments ». Car en plus des photos, chaque groupe a réalisé une maquette du quartier sur lequel ils ont travaillé, avec des architectes. « Nous avons pris rendez-vous aux archives, afin de coller le plus à la réalité », précise Hakim. Les deux maquettes sont désormais exposées au Collectif 12.

De fil en aiguille, le projet a évolué. De travail écrit, il est passé à un travail vidéo, sous la direction de la réalisatrice Hélène Harder. « Chaque jeune a été filmé dans son quartier, en mettant en avant ses passions », souligne-t-elle. Et lorsqu’on visionne la vidéo, difficile de distinguer le quartier mantais de son homologue marocain.

Karima El Kharazze et Hélène Harder travaillent désormais sur un projet de réalité virtuelle. « L’idée c’est de bâtir une ville imaginaire en mixant les deux territoires, avec un aspect interactif », explique Karima El Kharazze.