« L’herbe est toujours plus verte ailleurs. » Si certaines expressions familières ne reflètent parfois jamais la réalité, cette dernière prend tout son sens avec Benjamin Da Cunha. Mais pour ce garçon né à Mantes-la-Jolie, il n’est pas question d’herbe mais plutôt de ring de boxe. Alors que ses débuts professionnels ne sont pas à la hauteur de ses espérances en France, Benjamin Da Cunha décide de tenter sa chance à Los Angeles, aux Etats-Unis, en mars 2018.

Et bien lui en a pris. Lors d’une soirée de Golden boy promotion, il se fait remarquer par le promoteur Raul Perez, ancien champion du monde mexicain des poids coqs en 1988. « Il me propose alors de me monter une carrière en débutant à Tijuana, au Mexique, qui est la véritable capitale de la boxe, se souvient le jeune boxeur. Là-bas, il y a deux à trois galas de boxe par semaine, un bon moyen pour les Mexicains et les Californiens de débuter leur carrière. »

En novembre dernier, Benjamin Da Cunha y effectue ses trois premiers combats pour trois victoires par KO. Le voilà sur le devant de la scène de la boxe au Mexique, où trois nouveaux combats lui ont déjà été proposés à partir d’avril prochain. Il semble désormais bien loin le temps où le jeune mantais débutait la boxe à 17 ans.

« J’ai commencé la boxe en 2010 à l’Oxygène Boxing Club, le club de ma ville à Mantes-la-Jolie. J’étais bagarreur plus jeune et j’avais un ami qui boxait en amateur à un bon niveau. On mettait souvent les gants en bas de chez moi. Un jour j’en ai eu marre de voir qu’il était meilleur que moi alors je l’ai rejoint au club », se souvient-il.

Benjamin ne fera qu’une dizaine de combats en quatre ans avant de signer au BAM Les Mureaux en 2014. Il y effectuera une quinzaine de combats en un an, se qualifiera pour les championnats de France et remportera même le tournoi des Hauts-de-Seine. L’année suivante, le club se scinde en deux et le jeune homme d’origine portugaise s’engage au BAM l’Héritage. En avril 2016, il débute sa carrière professionnelle par une défaite, suivie de deux autres en novembre 2016 et avril 2017.

Un déclic a lieu en 2018 lorsqu’il décide de changer de catégorie. De super léger, sa catégorie de prédiction, il décide de passer en léger où il reste sur trois victoires.

« Il y a très peu de promoteurs capables de monter une carrière en France. Ils préfèrent plutôt miser sur des boxeurs qui ont participé aux Jeux Olympiques. Personne ne m’a rien proposé, alors qu’au Mexique, Raul Perez m’a donné une chance », évoque le principal intéressé au sujet de son départ pour l’Amérique.

Un autre déclic a lieu en 2018 lorsque Benjamin Da Cunha décide de changer de catégorie. « J’ai toujours boxé en super léger (64kg en amateur, 63,5kg en pro, Ndlr). En 2018 j’ai décidé de prendre sur moi et de me mettre au régime. Je suis descendu en poids léger (entre 58,9 et 61,2 kg, Ndlr). » Un choix payant au vu de ses résultats au Mexique. « Je me sens mieux à ce poids, plus rapide, plus explosif, plus efficace », confie-t-il.

Aujourd’hui, Benjamin entend surtout continuer sa progression. Il voudrait effectuer quatre à cinq combats en France ou à l’étranger pour prétendre à un championnat de France professionnel. Mais c’est surtout avec son pays d’origine que de belles choses pourraient se passer. « Le Portugal a décidé de relancer sa fédération de boxe et me propose de faire les qualifications pour les JO 2020 à Tokyo. J’ai accepté mais je ne compte pas dessus », déclare le boxeur.

S’il reste mesuré, c’est notamment parce que le comité olympique vient de suspendre l’organisation du tournoi de boxe pour Tokyo 2020. Aussi, selon lui, la mise en place d’une fédération demande du temps et de l’argent. « J’ai peur que le Portugal manque de fonds pour préparer correctement Tokyo », redoute-t-il. Ce qui ne l’empêche pas de vouloir être présent pour son pays. « La boxe est totalement délaissée au Portugal d’où ma volonté d’y relancer l’engouement autour de ce sport. » Histoire que l’herbe devienne plus verte au Portugal, ses rings de boxe aussi.

CREDIT PHOTOS : BENJAMINDACUNHA – INSTAGRAM