Une semaine après d’inquiétants faits de violence, un guet-apens a mobilisé une cinquantaine de fonctionnaires de police, tout au long de la nuit de samedi à dimanche. Jusqu’à 1 h du matin, les forces de l’ordre ont fait face à une centaine d’émeutiers. L’origine de ce regain de violence n’a pour l’heure aucune explication, même si la saisie de 35 kilos de cannabis, vendredi dernier, pourrait avoir mis le feu aux poudres.

Il est 21 h, samedi soir, lorsque des pompiers sont appelés pour un feu de poubelles au square du Mantois. Arrivés sur place, ils sont pris à partie par quatre hommes. L’appel n’était en fait qu’un leurre, il n’y a jamais eu d’incendie au square. Arrivée en renfort, la police est également visée mais parvient à disperser les assaillants. Un cas de figure similaire s’était déroulé vendredi 7 octobre, soit un peu plus d’une semaine avant les faits (voir encadré).

Un peu plus d’une heure plus tard, c’est une voiture de la Brigade anti criminalité (Bac) qui est ciblée par un jet de cocktail molotov, au carrefour des rues Marie Laurencin et Paul Gauguin. Ils sont alors pris à partie par une trentaine d’individus les obligeant à se replier en attendant l’arrivée de renforts. Au total, une cinquantaine de policiers sont mobilisés, faisant face à une centaine de personnes.

Comme le week end précédent, ils s’en prennent alors à l’annexe de la mairie, située sur la dalle commerciale du quartier. Malgré des vitres brisées à coup de pierres, le bâtiment n’a pas été détruit. Contenus, les jeunes ont réussi à s’échapper sans qu’aucune interpellation ne puisse être réalisée.

Vers 1 h du matin, le calme est revenu dans le quartier du Val Fourré, aucun blessé n’est à déplorer du côté des forces de l’ordre. L’enquête a été confiée au commissariat de Mantes-la-Jolie. Dimanche, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve (PS), a salué le « professionnalisme », « le courage » et le « sang froid » des policiers mobilisés.

Une source policière a indiqué à Libération que ces violences seraient peut-être en lien avec la saisie, la semaine dernière, de 35 kg de résine de cannabis dans un appartement de la cité des Peintres.

La police nationale avait alors publié un tweet indiquant que « grâce au flair de Carla (chien de la brigade des stupéfiants, Ndrl) une saisie avait été réalisée ». La saisie avait été suivie de deux interpellations.

Il y a une semaine, des premiers affrontements

Il semble y avoir eu un préambule au regain de violence qu’a connu le quartier du Val Fourré ce week-end. Des faits similaires se sont en effet déroulés le week-end précédent, sans toutefois attirer l’oeil des médias nationaux.

Ainsi, vendredi 7 octobre, un premier guet-apens avait été tendu aux pompiers. Appelés à 21 h 30, pour un feu de poubelle, ils s’étaient retrouvés encerclés par une cinquantaine de jeunes qui leur avaient jeté cocktails Molotov et parpaings. Là encore, les forces de l’ordre avait dû intervenir et répliquer, avant d’investir le quartier pour sécuriser les lieux. La vie du Val Fourré avait alors retrouvé son calme. Le bilan de ces affrontements faisait état d’un fonctionnaire de police blessé et d’un fourgon dégradé.

Le lendemain matin, vers 8 h 00, c’est l’annexe de la mairie qui avait, déjà, été attaquée. Les employés municipaux avaient constaté les dégâts en arrivant sur place. Trois vitres, visées par un tir de projectiles, s’étaient brisées, sans faire de blessés.