Aujourd’hui, à son ancien emplacement entre l’autoroute A14 et l’hôpital, seules les fondations en béton de l’ex-Maison de fer sont visibles. Les ruines du bâtiment tout en métal, de son ossature à sa façade, ont en effet été retirées, classées et stockées par la municipalité l’hiver dernier. Sa reconstruction complète devrait être terminée d’ici à 2019, à l’emplacement de l’actuel théâtre de verdure du parc Meissonier.

Mais, avant de pouvoir reconstruire, il faut d’abord modifier le plan local d’urbanisme qui interdit toute construction dans cet espace vert. Alors, juste avant l’été, la mairie de Poissy a tenu une réunion de concertation, obligatoire, dans le cadre de sa révision accelérée. Alors seulement sera rebâtie la Maison de fer, construite par Joseph Danly à la fin du XIXe siècle en plaques de métal embouties, et quasiment détruite par la tempête de 1999.

Du bâtiment initial, 60 % des pièces d’origine étaient encore sur place, « dont 27 % sont réutilisables » selon Florence Xolin (LR), l’adjointe au patrimoine. « C’est un formidable projet, qui nous tient particulièrement à coeur », s’est enthousiasmé le maire Karl Olive (LR) devant une vingtaine d’habitants présents ce soir-là au forum Armand Peugeot… dont une partie des opposants politique : « Je regrette beaucoup qu’on détruise le théâtre de verdure », s’est ainsi émue Geneviève Chignac, de l’association Vivons notre ville.

« L’implantation validée par les autorités montre que c’est l’endroit idéal », notamment dans le cadre du parcours touristique que la majorité souhaite mettre en place, a répondu un maire quelque peu agacé, estimant que l’actuel théâtre est trop peu utilisé. Il a cependant assuré travailler sur un projet « qu’on pourrait créer dans l’enceinte du parc Meissonier », et rappelé la création prochaine d’un théâtre de verdure au Parc du peuple de l’herbe de Carrières-sous-Poissy.

« L’idée est de faire là un point d’accueil et de diffusion culturelle, et en particulier d’installer un CIAP (Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, Ndlr), a détaillé Florence Xolin. L’idée est de présenter les logiques à partir desquelles la ville s’est construite, s’est développée. Ca permet aussi de relancer la candidature de la ville de Poissy au label Ville d’art et d’histoire. » Une fois reconstruite, la Maison de fer devrait également proposer boissons et restauration rapide à destination des touristes en route vers ou de retour de la Villa Savoye. Rendez-vous en 2019, si l’opération ne connaît aucun retard, a averti Florence Xolin : « On espère que l’Autorité environnementale ne va pas prescrire une procédure d’examen environnemental, ça poserait problème vis-à-vis des délais. »

La Villa Savoye sévèrement protégée par l’Unesco

Un label patrimonial va rarement sans contraintes, ont expliqué les élus pisciacais lors de la réunion consacrée à la Maison de fer. La Villa Savoye, comme la loge du jardinier, sont en effet intégrées aux 17 sites de l’oeuvre de l’architecte Le Corbusier qui sont protégés depuis l’an dernier et leur classement au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco.

« La Région Île-de-France est propriétaire du terrain qui jouxte la ville Savoye, entre 2 000 et 3 000 m², a ainsi indiqué le maire Karl Olive. On s’est posé la question de savoir si le [futur] musée Le Corbusier n’aurait pas meilleur sens à côté de la Villa Savoye (plutôt qu’à l’emplacement du Centre de diffusion artistique, Ndlr), on a eu une fin de non-recevoir de la Fondation Le Corbusier et du Centre des monuments nationaux (CMN). »

Le classement au Patrimoine mondial de l’humanité s’accompagne en effet de sévères restrictions à la construction autour de la Villa Savoye. « La Région Île-de-France avait prévu initialement de faire des promotions immobilières, pour avoir un maximum de trésorerie et investir sur les lycées, par exemple, a poursuivi l’édile pisciacais. Ca ne pourra évidemment jamais se faire avec le classement. »