Dans l’ex-plaine maraîchère située à cheval sur Triel-sur-Seine, Carrières-sous-Poissy et Chanteloup-les-Vignes, la situation s’aggrave de semaine en semaine depuis près de deux ans. Les ordures et déchets, principalement issus de chantiers, s’amoncellent petit à petit, jusqu’à aujourd’hui représenter un problème inextricable pour les maires concernés, qui ont appelé à l’aide les autres collectivités locales.

Mais si la situation est critique à cet endroit de vallée de Seine, les déchets ne manquent pas d’être déposés par des entreprises ou travailleurs indélicats dans bien d’autres emplacements. Le promeneur rencontre ces tas de gravats souvent par hasard en se promenant dans les bois, ou en passant par des chemins vicinaux peu fréquentés, parfois même dans des bosquets en bordure de route départementale.

La plaine Carrières – Triel, elle, est aujourd’hui devenue une véritable annexe de la déchèterie intercommunale et du centre de traitement Azalys, gérés par le Sidru. « Ca a commencé il y a un an et demi, par des gravats dans le chemin Vert, maintenant, il y en a partout !, déplore Joël Mancel (DVD), le maire de Triel-sur-Seine, des milliers de tonnes aujourd’hui accumulées. C’est tous les jours où il arrive deux ou trois camions qui se débarassent. »

Alors, les élus ont mis leurs polices municipales sur les dents. « On en a déjà pincé deux, deux bricoleurs du dimanche », faisait-il remarquer il y a quelques semaines. Outre le travail au noir, il dénonce aussi ces professionnels qui « intègrent le dépôt en déchèterie sur la facture mais ne le font pas ». Mais comme « aujourd’hui il n’y a pas de contrôles », difficile d’endiguer le phénomène : « Quant ils viennent, soit c’est le soir et la déchèterie est fermée, soit ils ne veulent pas payer. »

« Ca va coûter très cher », s’inquiétait Joël Mancel avant l’été, lui qui n’avait alors qu’une certitude : « Il est hors de question que la ville paie ! » Son homologue de Carrières-sous-Poissy, Christophe Delrieu, interrogé il ya quelques jours, se montre plus précis grâce à l’évaluation faite ces dernières semaines : « L’estimation de cette mer de déchets avoisine un million d’euros. »

Aujourd’hui, les élus négocient avec l’Etat et d’autres collectivités, de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPSEO) au Conseil départemental des Yvelines. Il serait ainsi envisagé, selon Christophe Delrieu, la possibilité de créer « un énorme chantier d’insertion lié au nettoiement de cette plaine » avec l’aide d’Activity, l’agence d’insertion du Département. Aucune solution n’a cependant encore été arrêtée.

Plus largement, la communauté urbaine GPSEO, chargée de la compétence de collecte, de tri et de traitement des déchets, doit prochainement s’attaquer de front à la question des dépôts sauvages. « On devrait lancer les opérations à partir du mois d’octobre, note Jean-Luc Gris, maire SE de Gaillon-sur-Montcient et vice-président chargé des déchets. Je serai en charge, avec mon collègue de la voirie, pour faire un diagnostic, puis essayer de proposer des solutions communes. »

Les Roms à l’origine des dépôts ? Le maire triellois n’y croit pas

Ces derniers mois, dans certains articles de la presse locale publiés à propos de l’amoncellement de déchets dans l’ex-plaine maraîchère de Carrières – Triel, était évoquée une hypothèse : les quelques dizaines de Roms répartis dans des campements (dont certains ont été évacués, Ndlr) seraient à l’origine d’une partie des déchets.

A Triel-sur-Seine, la municipalité travaille étroitement avec ces familles, notamment par l’intermédiaire de ses services sociaux et scolaires. Pour les élus triellois, ceux-ci ne sont absolument pas responsables de la situation.

« On leur met ça sur le dos alors que les Roms travaillent le métal, mais pas le placo et les gravats », répond très directement Joël Mancel (DVD), le maire de Triel-sur-Seine, à la question. « Il y a la même problématique en forêt de Verneuil : ce ne sont pas les Roms mais les entreprises », développe son adjoint, Frédéric Spangenberg (DVG).