Le port industriel de Triel-sur-Seine et Carrières-sous-Poissy face au tribunal administratif. Jeudi 7 décembre au tribunal administratif de Versailles, s’est déroulée l’audience des recours demandant l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant la création de ce port, et l’annulation de la déclaration d’intérêt général du projet par Ports de Paris, qui le porte.

Ces recours sont portés par la commune de Villennes-sur-Seine, deux associations locales, des riverains et deux conseillers municipaux de Carrières-sous-Poissy et Triel-sur-Seine. Depuis l’annonce du projet, ses opposants sont vent debout contre ce port industriel notamment par crainte de potentielles nuisances et parce qu’il entraînerait la disparition de la marina Port Saint-Louis, l’actuel port de plaisance de 300 anneaux.

Pendant l’audience, le rapporteur public est allé dans le sens des opposants et en a conclu l’annulation totale ou partielle des deux points demandés. La fonction de ce rapporteur public est d’exposer « publiquement et en toute indépendance, son opinion sur les questions que présentent à juger les requêtes et sur les solutions qu’elles appellent » d’après le code de justice administrative. Opinion que les magistrats ne sont pas obligés de suivre.

La rapporteur publique a pointé « l’absence de précisions des activités » prévues pour le port industriel, qui remplacerait l’actuelle marina de plaisance s’il voyait le jour.

Dans les cartons depuis plusieurs années, le port industriel prévu à cheval sur les communes de Triel-sur-Seine et Carrières-sous-Poissy, a pour objectif d’améliorer la desserte portuaire de la zone, notamment pour l’Ecopôle. Il y a près d’un an, Port de Paris indiquait que ce port d’une superficie de « près de 34 ha » était estimé à environ « 30 millions d’euros ». Mais plusieurs acteurs locaux remettent depuis longtemps en question l’intérêt du projet et semblent avoir remporté une bataille au tribunal administratif au vu de l’avis du rapporteur public.

Parmi ses arguments, cette dernière a notamment pointé « l’absence de précisions des activités » prévues sur le port, et donc de son impact en termes de « nuisances sonores et visuelles ». Un argument dont s’est défendu Port de Paris par l’intermédiaire de son avocat. « On oublie quel projet on est en train d’autoriser : une infrastructure portuaire et non les activités qui seront après sur ce port, souligne-t-il. Les activités accueillies à terme ne sont pas définies car le but du jeu est de développer les activités économiques de cette zone. »

Le rapporteur public a également mis en avant le « delta important » des emplois créés : entre « 300 et 700 ». Et ajoute : « L’approximation sur la création d’emplois ne permet pas de voir un avantage économique certain. » L’ensemble de ses arguments l’a fait conclure à demander l’annulation de l’arrêté préfectoral et de la déclaration d’intérêt général. Un avis salué par les opposants au projet présents lors de l’audience. Désormais, la décision du magistrat du tribunal administratif est attendue pour le jeudi 21 décembre.