Dès 2015, et pour plusieurs années, la gare de Mantes-la-Jolie sera en travaux afin d’accueillir le futur RER E. Réaffirmé récemment par le premier ministre Manuel Valls, le projet Eole doit amener le RER jusqu’au Mantois d’ici à 2022. « Nous avons besoin d’une nouvelle voie à quai » à la gare, explique Julien Hermitte, de la direction déléguée aux gares transiliennes. « La solution retenue a été de démolir les bâtiments sur le quai CD (au milieu, Ndlr) pour percer une voie », détaille-t-il des besoins initiaux.

La gare de Mantes-la-Jolie côté Nord, après les travaux.
La gare de Mantes-la-Jolie côté Nord, après les travaux.

Le quai central bâti abrite actuellement les contrôleurs des lignes passant par la gare, ainsi que les agents qui s’occupent de l’accueil et des ventes. La nécessité de leur maintien sur place a poussé la SNCF à envisager un réaménagement complet de ses locaux. La gare existante, côté Nord, sera étendue de manière importante. Au Sud, un bâtiment de deux étages va sortir de terre, avec des bureaux et un second hall destiné aux usagers. L’investissement de la SNCF est d’une quinzaine de millions d’euros.

Ponctualité en baisse

En septembre, la ponctualité des trains sur la ligne J s’est d’ailleurs établie à 84,6 %, en baisse par rapport au mois d’août, ainsi qu’au mois de septembre 2013. Les plus mauvaises statistiques proviennent du Paris-Mantes via Conflans-Sainte-Honorine, ainsi que du Paris-Gisors, avec 81,5 % de trains à l’heure.

Beaucoup d’autres travaux auront lieu au même moment autour de la gare. Une seconde passerelle piétonne sera créée. Surtout, un atelier de maintenance va être construit plus à l’Ouest, et les voies seront adaptées pour laisser place à celle du futur RER E. La première phase des travaux débute en 2015, avec livraison prévue pour la fin de 2016 du nouveau bâtiment Sud, et d’une des deux extensions de la gare existante. La seconde partie du chantier devrait être terminée en 2018, tandis que les projets prévus autour de la gare seront lancés en 2016.

Combien de temps restent les trains en gare ?

Une entreprise recrute actuellement des étudiants dans le Mantois. Leur travail ? Compter le temps d’arrêt des trains dans les différentes gares lors des heures de pointe. Ces enquêteurs opéreront les prochaines semaines en gares de Limay, Epône, Mantes-la-Ville et Mantes-la-Jolie.

Les autres gares de la vallée de Seine concernées par Eole verront leurs travaux commencer plus tard. « Nous sommes essentiellement guidés par les travaux de réhaussement de quai et une hauteur de plancher des trains qui passe de 55 à 92 cm », informe Thierry Hermitte. La date butoir autour de laquelle s’organisent les chantiers est 2022, sera l’arrivée du RER.

Seule la gare de Mantes-la-Jolie devrait donc connaître des travaux aussi lourds. Pendant une partie de ceux-ci, la gare de bus sera d’ailleurs réaménagée pour laisser de la place au chantier, qui s’étendra également sur le parvis de la gare côté Sud. L’entreprise ferroviaire dit compter sur la patience des usagers pendant les travaux.

La gare des Mureaux connaîtra aussi une rénovation

Un autre chantier important sera celui de la gare des Mureaux, il est estimé à plus de quatre millions d’euros. Au-delà du réhaussement indispensable des quais pour l’arrivée d’Eole, sa toiture en forme d’aile delta devrait être changée.

Les travaux en détails

La gare, au Nord : la SNCF va créer un étage de bureaux au-dessus de la gare, et étendre de chaque côté le bâtiment existant. De nouveaux espaces commerciaux, ainsi que l’agence mobilité de la Communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines (Camy), seront intégrés à ce hall voyageurs agrandi. Le quai central sera entièrement détruit pour laisser place à la voie du RER E.

Côté Sud : partant de son besoin d’espace, et de la création de nombreux logements avec le projet Mantes université, la SNCF a choisi d’y construire un nouveau bâtiment. D’une hauteur de deux étages, son rez-de-chaussée comprendra un hall avec des commerces pour les usagers. Les services de la SNCF occupant actuellement le quai central travailleront dans ses deux étages de bureaux.

Des usagers toujours mécontents du train

« Il y a un problème de régularité », estime Louis Gomez, ici en train de distribuer des tracts en gare de Bonnières-sur-Seine.
« Il y a un problème de régularité », estime Louis Gomez, ici en train de distribuer des tracts en gare de Bonnières-sur-Seine.

L’association des usagers des gares de l’Ouest francilien est l’une des plus importante d’Île-de-France, avec 300 membres. Elle a été créée en 1991 pour amener plus de trains dans la zone située entre Mantes-la-Jolie et Vernon. « Au fil du temps, nous avons cassé cette enclave, puis nous nous sommes étendus », se satisfait son président Louis Gomez, également conseiller municipal d’opposition à Bonnières-sur-Seine (PS).

Les membres ont quelques actions d’éclat à faire valoir. Ils ont été les premiers à organiser des grèves de présentation du billet. Leur manifestation « meuh » à base de masques de vaches à la gare Saint-Lazare, organisée en coopération avec des associations d’usagers normands, leur a valu les Unes de la presse régionale.

« Il y a un problème de régularité, nous subissons tous des retards récurrrents et importants, et des conditions de transport insuffisantes avec des trains bondés », déplore Louis Gomez, qui ajoute immédiatement : « Il y a un programme d’investissement important sur la ligne avec Eole, mais pour l’instant, nous subissons », estime-t-il. L’association a établi dès sa création des liens avec les organisations syndicales de la SNCF, « pour désamorcer les tensions entre voyageurs et personnels ».

C’est également un bon moyen de connaître les motifs réels des problèmes importants, parfois différents de ceux avancés par la direction, selon son président. Une direction, justement, à laquelle Louis Gomez reproche un manque de concertation. Lui prône, plutôt que des rendez-vous en tête-à-tête, la création d’une instance spécifique sur la ligne, comprenant des élus et des usagers.

Site internet : usagersgares.blogspot.fr