A Chanteloup-les-Vignes, le renouvellement urbain est terminé, y-a-t-il encore des projets ?
Nous avons vocation à continuer dans les villes où nous sommes déjà intervenus. Sur le Val fourré (Mantes-la-Jolie, Ndlr), nous travaillons beaucoup sur les contrats de performance énergétique avec les copropriétés (voir encadré), nous serions heureux de faire la même chose. Nous pourrions aussi franchir une étape avec de l’accession à la propriété, en faisant venir les promoteurs à la Noé.

Où en est l’avancement de la Centralité à Carrières-sous-Poissy ?
Les recours contre le projet n’ont pas abouti (déposés par le gérant du centre commercial Leclerc, Ndlr). Nous avions une très grosse incertitude, le blocage est levé, les premiers travaux sont prévus pour 2015.

Et en ce qui concerne le nouveau quartier Mantes université ?
Nous avons des procédures qui sont longues, avec de nombreuses étapes. La prochaine sera la validation du permis complémentaire du groupe Hammerson, chargé du futur pôle commercial. Nous refaisons la ville sur la ville, nous ne sommes pas tellement dans l’extension urbaine. C’est aussi faire la ville dans toutes ses composantes : logement, commerce, activité, résidence étudiante et de jeunes travailleurs, IUT. Ca doit être un endroit où il fait bon vivre, un vrai quartier.

« Devenir l’outil propre de la grande agglo »

Au premier janvier 2016, une grande communauté d’agglomération de 400 000 habitants doit être créée, du Mantois à Conflans-Sainte-Honorine. Elle recoupera à peu de choses près le territoire de l’Opération d’intérêt national (OIN) Seine aval, sur laquelle opère l’Epamsa. « D’ici quelques années, quand l’agglomération sera opérationnelle, l’Epamsa a vocation à devenir son outil propre. C’est ce que je serai amené à proposer à l’État, c’est vraiment la logique du territoire », prône son nouveau directeur.

Les relations entre l’État aménageur, par l’intermédiaire de l’Epamsa, et les communes, sont parfois tendues, en particulier au sujet de la densification en logements. Comment abordez-vous cet aspect ?
Vous dites que l’État veut imposer, je ne suis pas d’accord. Les élus sont présents au conseil d’administration. Nous ne sommes pas dans une logique de passage en force, nous prenons acte du fait qu’il peut y avoir une opposition sur la production de logements. Il faut aussi le remettre en perspective, en Île-de-France, on construit 30 000 logements par an, il en faudrait 70 000 pendant 15 ans pour répondre aux besoins.

On ne peut pas dire « Je ne veux pas de logements », et en même temps « Le logement est trop cher, inaccessible. » Le métier d’aménageur est aussi un rôle de pédagogie, pour faire comprendre que nous ne sommes pas d’horribles bétonneurs. Le premier ministre a parlé d’un plan de développement pour le logement, c’est à nous de faire la synthèse entre les volontés de l’État et les contraintes des élus.

Que pensez-vous de la politique de la chaise vide des élus de droite au conseil d’administration ?
Je n’ai pas vraiment à commenter le choix des élus. Je ne dirai qu’une chose : nous partageons les mêmes ambitions, donc nous devrions pouvoir nous retrouver pour continuer à faire vivre ces ambitions.

Où en sont les finances de l’Epamsa ?
Nous avons eu des subventions importantes de l’État et du conseil général des Yvelines pour commencer. Aujourd’hui, nous avons de plus en plus de ressources propres grâce au foncier (terrains achetés par l’Epamsa, Ndlr). Dans quelques années, nous serons sortis de notre zone de risque.

Le maire de Rosny-sur-Seine vent debout contre l’éco-quartier

L’Epamsa souhaite voir naître un nouveau quartier le long de la Seine, entre Rosny-sur-Seine et Mantes-la-Jolie. Le rejet de ce projet par les Rosnéens a été un facteur important de l’élection du nouveau maire, Michel Guillamaud (DVD). Depuis son élection, une résolution d’opposition a d’ailleurs été votée par le conseil municipal. Des modifications du Plan local d’urbanisme (PLU) sont également prévues, pour gêner sa réalisation.

« Chez nos partenaires, ça a fait réagir […] ils se rendent compte que ça poserait des difficultés pour le mettre en œuvre. Nous sommes d’accord sur la croissance de la commune et le logement social, pas forcément sur la vitesse à laquelle ça doit se faire », estime ainsi le maire. En attendant, le projet continue, avec le dépôt de la demande de dérogation pour les espèces protégées actuellement présente sur place. « Ca ne se fera pas contre les élus, mais nous ne voulons pas tout stopper. Des sommes importantes ont été investies, je pense qu’il faut aller au bout des études et de la réflexion », répond à ce refus Didier Bélllier-Ganière, le président de l’Epamsa.

Gargenville : deux fois moins de logements ?

Plus de 600 logements étaient prévus à l’origine à la Zone d’activité concertée (Zac) des Hauts de rangiport, pilotée par l’Epamsa, sur le site occupé précédemment par l’entreprise Porcher. Ce projet a suscité de nombreux débats lors des élections municipales, qui ont abouti à l’élection de Jean Lemaire (UDI) en mars dernier, opposé à autant de logements.

En octobre, lors d’une réunion publique, le nouveau maire a expliqué être en négociations avec l’Epamsa, alors que les premiers travaux vont commencer prochainement. Il espère réduire le nombre de logements à 350 (dont 35 % de logements sociaux, Ndlr), et a d’ailleurs diminué la taille du futur groupe scolaire sur cette base-là. « Le préfet et le sous-préfet m’ont dit que la Zac était faite pour 60 000 m², ils ne veulent pas déroger. Le rapport de force est là, ils connaissent notre point de vue », a-t-il expliqué face à des habitants plutôt remontés contre le projet.

Jean Lemaire espère pouvoir ajouter commerces et services, pour réduire le nombre de logements à surface identique. Mais, ce soir-là, il a bien fait comprendre aux Gargenvillois présents que sa marge de manœuvre était limitée face à la volonté de l’État, toute puissantte sur le territoire de l’Opération d’intérêt national.

Rénovations des copropriétés du Val fourré

Dans ce quartier d’habitat social, 13 immeubles sont des copropriétés privées. Depuis 2009, trois d’entre elles sont accompagnées par l’Epamsa pour des rénovations d’envergure, dans le cadre d’un contrat de performance énergétique (CPE). L’organisme les aide à décrocher jusqu’à 80 % du budget nécessaire en subventions, et les assiste pour les travaux.

« Diminuer les charges de chauffage de moitié est un bel objectif. L’Epamsa, c’est aussi faire des expérimentations, auxquelles le territoire se prête bien », explique Didier Bellier-Ganière. « Pourquoi ne pas faire de CPE sur les bâtiments publics ? », suggère-t-il d’ailleurs aux communes.