Longtemps, la vallée de Seine a été un bassin de vie où trouver du travail n’était pas un problème. Le bâtiment et l’industrie constituaient d’importantes sources de recrutement, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Le secteur tertaire est maintenant le principal vecteur d’emplois nouveaux dans la vallée, comme dans les Yvelines en général. Quels sont les entreprises qui recrutent encore ?

« L’industrie et le bâtiment sont des secteurs qui ne recrutent plus, ce qui est problématique pour des populations, dans le Mantois, positionnées sur ces métiers », explique de la situation actuelle Patrick Rivoal, directeur de l’agence Pôle emploi de Mantes-la-Jolie. Du côté des métiers qualifiés, c’est vers Paris que les candidats se tournent. En vallée de Seine, comme ailleurs en France, ce sont les métiers liés à l’informatique qui ont le vent en poupe. « Il y a une recherche d’ingénieurs et de chefs de projets de recherche », indique Patrick Rivoal.

Dans l'hôtellerie-restauration, « il est possible de gravir les échelons d’en bas. »
Dans l’hôtellerie-restauration, « il est possible de gravir les échelons d’en bas. »

Mais ce sont d’abord les métiers avec moins de qualifications qui sont proposés en vallée de Seine, en particulier dans le domaine des services à la personne, ainsi que dans le commerce. Le plus grand nombre d’offres concerne les auxiliaires de vie, aides-soignants, infirmiers et employés en libre-service. Côté agriculture, aucun emploi n’est disponible si ce n’est comme saisonnier.

Le secteur du bâtiment, qui n’est plus créateur net d’emplois, continue d’avoir des besoins dans certaines spécialités. Il en est de même dans l’industrie automobile, qui a haussé son niveau de qualification et peine à former : « Aujourd’hui, si vous n’etes pas en possession d’un Bac pro, vous ne rentrez pas avec les valises de diagnostic », détaille Jean-Marie Jacquet, directeur de la communication de la Chambre d’artisanat.

Enfin, l’hôtellerie-restauration recrute toujours beaucoup. « Ca fait des années que ça dure, nous avons souvent du mal à trouver des candidats. Les postes sont peu qualifiés, avec des rémunérations au Smic et des horaires décalés », justifie le directeur de Pôle emploi, qui nuance : « Néanmoins, il est possible de gravir les échelons d’en bas. »

La chambre de commerce et d’industrie confirme les constats de Pôle emploi. « Sur certains territoires du département, c’est un problème de formation, sur la vallée de Seine, les entreprises nous font remonter des problèmes de savoir-être », complète Jérôme Boué, chargé d’études économiques à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) des Yvelines.

Les employeurs s’organisent pour recruter

Si Pôle emploi est un acteur incontournable pour les salariés et chômeurs, ce n’est pas le cas des chefs d’entreprise. Ceux-ci passent souvent par d’autres canaux pour leurs embauches. Le groupement d’employeurs Réso est l’un d’eux, sous une forme associative, dans le secteur de l’hôtellerie-restauration.

« Ils sont adhérents à l’association. L’idée, c’est que nous sommes le service de relations humaines qui les accompagne tous, nous n’avons pas un patron mais 80 à 100 », explique Carenne André, responsable de la branche yvelinoise de Réso. Crée en 2011, elle gère aujourd’hui 70 salariés, en poste à temps plein dans des entreprises adhérentes.

L’employeur bénéficie d’une base de données de 4000 personnes dans son secteur, et d’un tri préalable des candidats. C’est aussi plus économique qu’un appel à l’intérim, avance Carenne André : « Le but n’est pas de faire du profit, nous travaillons pour nos adhérents. » Face au succès, Réso 78 devrait d’ailleurs prochainement couvrir toute l’Île-de-France.

En attendant, l’association développe le temps partagé entre différents employeurs : « Ca peut être un travail une partie de la semaine dans un endroit puis dans un autre, ou une saison, ou dans la même journée »,
explique la responsable, de cette expérience qui ne concerne pour le moment que 5 salariés dans le département.

Site internet : reso78.fr