Même à la retraite, il continue de défendre les gens de son entourage. José Saramago est un ancien ouvrier de l’usine Renault de Flins, qui a milité à « la CGT pendant 30 ans ». Habitant de la cité Renault « depuis maintenant 42 ans », le Muriautin semble prendre plaisir dans l’action et la revendication.

« Je dis aux jeunes qu’il ne faut pas laisser faire les patrons », lance ce natif du Portugal. Pour autant, il sait que le rapport de force c’est inversé : « Avant, lorsque que tu quittais une entreprise, un autre employeur t’attendait à la porte ». Une situation bien différente aujourd’hui, où les effectifs du groupe automobile sont passés de 23 800 salariés, en 1982, à environ 1300. « Pourquoi ne pas faire payer des taxes aux robots ? » propose tout bonnement José Saramago.

« Certains de mes collègues sont morts de l’amiante », témoigne l’ancien redresseur de capots et de coffres de voiture. Il s’est qu’il est difficile de « monter des dossiers » pour savoir qui est responsable, dans ce genre de litige où « les intérêts sont énormes ». D’après le diagnostic de son médecin, ses poumons ne seraient pas touchés pas l’amiante : « Il y a des gens plus fragiles que d’autres. »

Président de l’association des locataires à la cité Renault des Mureaux, il considère que le projet de rénovation urbaine n’est pas terminé : « J’ai demandé depuis 2006 des aires de jeu au bailleur (la 3F, Ndlr), au moment des rénovations et des démolitions. Mais nous sommes bloqués, il n’y a rien. »

Rien ? Pas tout à fait. « Avec l’association, nous avons demandé s’il était possible de faire un jardin, sur un emplacement où il n’y avait pas de places de parking. » Un projet qui a abouti, il y a plus de deux ans, à l’inauguration d’un jardin partagé sur 500 mètres carrés, protégé et entretenu par 17 personnes.

« Nous faisons pousser des légumes, des patates, des carottes… Monsieur François Garay (maire des Mureaux, Ndlr) a été impressionné », explique José Saramago. Il reconnait que ses actions sont proches de l’activité politique, et admet avoir un temps été membre du parti socialiste. Aujourd’hui, il pense que pour mener sa barque, « il faut une personne avec des bonnes bases et avec le sourire. Ce n’est pas toujours la tête qui compte. »