L’un est boucher, l’autre vendeur de fruits et légumes. L’un est blagueur devant l’éternel, l’autre plus porté sur les rouages de l’entreprise. Leur point commun ? Tous deux aiment le contact, avec la clientèle, avec les fournisseurs. Ils se sont connus sur les marchés du Mantois, et ont ouvert il y a quelques mois, avec un troisième larron, un magasin commun à Mantes-la-Ville.

« Je suis un pur produit du cru », annonce dans un grand sourire David Beautier, 42 ans et toute une vie dans le Mantois, derrière la caisse, entre deux clients. Son associé, Mathieu Baldacci, est né à Poissy il y a 35 ans. Ce dernier ne suivra pas le chemin pris par son père, policier à Paris. Après un apprentissage en restauration, il exerce dans des domaines très divers, y compris celui de chauffeur à la RATP, dans les années 2000. « J’ai essayé tous les métiers, je me suis beaucoup cherché », explique-t-il, moins bavard que son collègue.

L’aîné des associés, lui, rejoint très tôt la filière de son paternel, boucher à Limay. « J’étais un élève turbulent, mon père m’a envoyé à 15 ans à l’école de la boucherie », se souvient David Beautier. Il prend vite goût à la rétribution gagnée comme apprenti, ainsi qu’à la boucherie elle-même : « On croise tout un panel de la population. J’aime mon métier, mais j’aime avant tout le contact. »

Ce grand gaillard tout en bonhomie va de boucherie en boucherie, avant d’essayer de monter une entreprise dédiée à la volaille, qui ne rencontre qu’un succès mitigé. Alors, à la fin des années 2000, il se lance sur les marchés du Mantois. Cette fois-ci, la tentative paie : « J’avais un peu plus de plomb dans la tête. Ca nourrit son homme, comme diraient les anciens. »

Mathieu Baldacci devient marchand itinérant en 2010, lassé par la routine du chauffeur de bus. « J’aime le contact avec le client, j’ai un métier qui me permet de vendre un peu plus que d’autres, en donnant des recettes par exemple », détaille-t-il de son intérêt pour le commerce de fruits et légumes.

Leurs deux étals sont voisins au marché du centre-ville de Mantes-la-Jolie. Il se lient d’amitié, marché après marché, et leur projet commun prend forme, raconte Mathieu Baldacci : « Je voulais ouvrir une boutique de fruits et légumes, lui voulait ouvrir sa boucherie, ça s’est fait tout seul : pourquoi ne pas ouvrir un pôle frais ? »

L’occasion se présente l’an dernier, ils rachètent une boucherie mantevilloise et ouvrent leur boutique. Avec la qualité comme mot d’ordre, et des rôles bien définis : « Je suis plus la tête dans le guidon, plus en retrait, David est plus extravagant, il s’occupe du relationnel et de la communication », note le plus jeune des entrepreneurs.

Aujourd’hui, pour ces deux amis, tous deux mariés, tous deux avec des enfants du même âge, l’objectif est d’arriver à pérenniser leur magasin, même s’ils continuent à être présents sur les marchés du Mantois. « Nous n’arrêtons pas de bosser comme des fous, nous sommes contents de ce que nous avons fait. Le but n’est pas de faire de l’argent tout de suite, mais de valoriser le commerce et d’aller le plus loin possible », résume David Beautier.