Les 22 et 29 mars prochains se tiendront les élections départementales, dans une version lourdement revisitée des traditionnelles élections cantonales (voir encadré). Dans les Yvelines, alors que la liste UMP – UDI est donnée largement gagnante, tous les candidats craignent une très forte abstention des électeurs… sauf le FN, qui compte dessus pour emporter ses premiers cantons.

L’UMP et l’UDI ont conclu très tôt un accord, dès le mois de décembre, au sein de la liste Ensemble pour les Yvelines. Pour les binômes de candidats de l’actuelle majorité départementale, l’enjeu est simple : s’emparer, pour la seconde fois de son histoire, de l’ensemble des sièges du futur conseil départemental.

Cet objectif plutôt ambitieux s’accompagne de quelques difficultés en vallée de Seine. A Limay et à Mantes, des candidatures de centre-droit, sans investiture de l’UDI, espèrent bien récupérer les suffrages des électeurs opposés à Pierre Bédier (UMP), président du conseil général, tête de liste yvelinoise, et lui-même candidat dans le nouveau canton de Mantes.

A gauche, il est surtout question d’éviter un désastre électoral, donc de conserver quelques-uns des onze sièges actuellement occupés au conseil général. Les socialistes auront notamment à affronter au premier tour, sur leur gauche, des candidatures d’EELV et du Front de Gauche, d’ailleurs communes sur certains cantons.

Reste le FN, dont les dirigeants yvelinois ne cachent pas leur ambition : gagner leurs premiers cantons. En ligne de mire, ils ont ceux de Bonnières-sur-Seine et de Limay, ce dernier accueillant ainsi un responsable versaillais malgré l’opposition des militants locaux (voir encadré). Le meilleur allié des binômes frontistes pourrait bien être la très forte abstention, que tous les autres candidats craignent ouvertement.

Redécoupage des cantons et candidatures en binômes

Carte des nouveaux cantons de ces élections départementales.
Carte des nouveaux cantons de ces élections départementales.

Les élections cantonales ont été lourdement remaniées l’an dernier par le gouvernement. Elles s’appellent désormais élections départementales, les candidats se présentent en binômes, tandis que les cantons ont été complètement remaniés. Ils seront élus pour six ans au conseil départemental, nouveau nom du conseil général.

Dans les Yvelines, il ne reste que 21 cantons sur les 39 que le département comptait avant la réforme. Les binômes de candidats devront réaliser au moins 12,5 % des inscrits pour se maintenir au second tour. Pour l’emporter dès le premier tour, il faudra réunir 50 % des voix et plus de 25 % des inscrits.

Parachutages et permanents : le FN fait pire que les autres partis

Le FN a dévoilé ses candidats la semaine dernière, à Versailles. On dénote quelques parachutages : ainsi, dans le canton de Limay, le binôme est constitué de Monique Fuhrer-Moguerou, adjointe mantevilloise, et de François Siméoni, figure versaillaise du FN yvelinois. D’autres candidats sont des salariés du parti, dans les Yvelines ou au siège national du FN.

Alors que ces deux pratiques sont largement utilisées par la droite comme par la gauche en période électorale, Philippe Chevrier, le secrétaire départemental, récuse ces constatations : « Le terme de parachutage est impropre, ils résident tous dans les Yvelines. Evidemment qu’il n’y a toujours aucun rapport avec l’UMPS ! »