En 2011, la Communauté d’agglomération des deux rives de Seine (CA2RS), compétente pour la gestion des voiries des communes de son territoire, avait lancé le projet de rénovation du centre de Verneuil-sur-Seine, nommé Coeur de ville. Afin de concevoir cette requalification, le cabinet d’études Intégrale environnement avait été engagé cette année-là, pour 216 000 €.

La CA2RS a récemment lancé un appel d’offres pour la réfection complète des espaces publics du clos du verger, de la rue Clairette, de la place Brassens, de la rue aux cannes, d’une partie de la Grande rue et des abords de l’église. Ces travaux verront les voiries refaites, certains trottoirs un peu élargis, les éclairages changés pour des ampoules à Led, et les espaces verts revus. Deux fontaines seront ajoutées, l’une au niveau du grand escalier, l’autre à l’angle de la Grande rue et de la rue Clairette.

Une fontaine toute en longueur sera créée dans le grand escalier menant au clos du verger.

Au clos du verger, créé il y a 27 ans, le promoteur Sodes, propriétaire des espaces commerciaux, a aujourd’hui quasiment terminé les travaux engagés en 2012. Ils ont vu la création de 10 logements et de 4 commerces. Le chantier de rénovation maintenant prévu à cet endroit était estimé en 2013 à presque 900 000 €, il sera subventionné par le conseil général à hauteur de 262 500 €.

Thierry Sofianos, boucher au clos du verger et président de l’Association des commerçants et artisans de Verneuil (Acav), ne cache pas son plaisir : « Le clos a besoin d’être amélioré […] c’est important pour nous et nos clients. Nous espérons que le résultat soit bon. » Une réunion pour informer les commerçants est d’ailleurs prévue jeudi 5 mars.

L’opposition vernolienne se montre un peu moins satisfaite, à l’image de Guillaume Sebileau (SE). « On nous avait dit que ce serait un simple toilettage, et que les travaux étaient reportés à plus tard, indique ce dernier. Ma crainte est qu’on dépense beaucoup d’argent pour quelque chose qui ne fonctionne pas, et qu’on mette un coup au commerce, déjà fragilisé, avec des travaux. »

« Les élus ne sont pas au courant, comme d’habitude », proteste de son côté la conseillère municipale d’opposition socialiste Michèle Christophoul. Elle pointe « une confusion » du financement entre CA2RS et commune. « Ca manque d’une réflexion globale, de plan d’ensemble. Ca améliore l’esthétique, mais pas la fonctionnalité du centre-ville », ajoute enfin cette géographe de formation.

Contactés il y a 8 jours par La Gazette pour commenter le lancement du chantier de rénovation, aucun élu de la CA2RS, pas plus que son président et maire de Verneuil-sur-Seine, Philippe Tautou (UMP), n’ont pu nous répondre dans les délais impartis à la production de ce dossier.

Philippe Tautou candidat à la présidence de la grande agglo

Philippe Tautou (UMP), le maire de Verneuil-sur-Seine et président de la Communauté d’agglomération des deux rives de Seine (CA2RS), est sur les rangs pour devenir le président de la future grande agglomération de la vallée de Seine.

Cette dernière sera créée au 1er janvier 2016, et regroupera six communautés de communes et d’agglomération de Rosny-sur-Seine à Conflans-Sainte-Honorine. Philippe Tautou l’a officiellement confirmé dans une récente interview au Parisien.

[Mise à jour, 10 mars 2015] Philippe Tautou : « C’est quasiment une opération 100 % ville »

"Nous pourrons commencer fin juin la mise en route du chantier, qui durera entre cinq et six mois.
« Nous pourrons commencer fin juin la mise en route du chantier, qui durera entre cinq et six mois. »

Quels retours avez-vous eu lors de la réunion organisée avec les commerçants le 5 mars ?
Le retour est semble-t-il plutôt positif, mais assorti d’inquiétudes. Pour faire des travaux, il va bien falloir bloquer une partie des parkings et de l’espace pendant quelques mois. Ils sont plutôt contents de voir que nous sommes en train de réaliser un projet ambitieux qui valorisera leurs commerces. En même temps il y a une inquiétude, car pendant quelques temps, on risque d’avoir des problèmes. Et ce n’est pas forcément à l’avantage des commerçants, c’est vrai ! Mais je leur ai dit que je ne savais pas faire des travaux, de cette nature, sans contraintes.

Vous avez-vous une estimation du coût total du marché lancé ?
Cela tournera autour de 2,7 millions à 2,8 millions d’euros TTC, pour l’ensemble du projet.

Et concernant les délais ?
Les travaux commenceront cet été. D’ici la fin du mois, nous retiendrons l’entreprise. Nous pourrons commencer fin juin la mise en route du chantier, qui durera entre cinq et six mois. Nous demanderons à l’entreprise retenue qu’une quarantaine de places de parking soient maintenues entre le Clos du verger et la Poste.

Concernant la répartition du financement entre l’agglomération CA2RS, le conseil général et la ville ?
C’est quasiment une opération 100 % ville. Sur les grands projets d’investissements, ce sont les villes qui apportent les finances et c’est l’agglomération qui réalise. Ce sont les services de l’agglomération qui ont fait l’appel d’offre et qui vont suivre l’opération. Nous avons signé un projet de contrat de ville, avec le conseil général, qui nous subventionnera à hauteur de 260 000 €.

Votre opposante, Madame Christophoul (PS), estime qu’il y a eu un manque « d’une réflexion globale » sur ce projet. Qu’en pensez-vous ?
C’est des phrases toutes faites, mais c’est vide de sens. Comme la pensée socialiste, c’est vide de sens. Que veut dire une réflexion globale ?

Elle précise en disant que « l’esthétique » serait améliorée, « mais pas la fonctionnalité du centre-ville » …
J’ai le même nombre de place de parking, donc il n’y a pas de contraintes supplémentaires. Je réponds à l’ensemble de la législation réglementaire, notamment pour les bornes de parking dédiées aux transports de fond. Toute la place sera au même niveau, alors qu’aujourd’hui il est impossible d’y circuler pour les personnes à mobilité réduite.

Concernant les réhabilitations des écoles primaires de La source et de la Garenne, quelles informations avez-vous ?
Nous engagerons cette année la rénovation d’un autre étage complet, avec une nouvelle ambiance. Avec des faux plafonds, des nouveaux éclairages, des tableaux numériques. Nous aurons donc des écoles parfaitement adaptées aux nouvelles technologies. Dès que les cours s’arrêteront, les entreprises interviendront. Un étage reviendra environ à 600 000 ou 700 000 euros.

Vous serez probablement le patron de la future intercommunalité, comment pouvez-vous consacrer votre temps à Verneuil-sur-Seine ?
Aujourd’hui, je suis président de l’agglomération CA2RS, conseiller général délégué au logement et à l’urbanisme, maire de Verneuil, président de l’Adil et du CAUE, administrateur de l’Epfy, de l’Epamsa et de l’Audas… Vous voyez la liste ! Demain, en n’étant plus conseiller général, je ne suis plus président, ni administrateur de ces instances. Je pourrai me consacrer alors à la ville et à l’agglomération, dans la tâche qui pourrait être la mienne, à la présidence de la future agglomération, comme à celle du pôle métropolitain, dont le vote aura lieu le mois prochain. Même si celle-ci sera difficile et complexe avec 400 000 habitants.